Mesdames, Messieurs,
Etudiants de Nanterre, nous sommes inquiets !
Depuis une semaine, l’université est bloquée par les membres du Comité de mobilisation contre le CPE. Beaucoup d’étudiants se sentent floués par cette situation, la décision de bloquer s’étant prise en AG par 500 étudiants, sur les 33.000 que compte Nanterre.
Dès lors, pour répondre à la tension croissante et aux critiques du mouvement quant à sa légitimité, le Président, Monsieur AUDEOUD, a décidé d’organiser un scrutin. La question posée est la suivante « êtes-vous pour la reprise des cours ? ».
Cependant, la rumeur fait état de directives émanant du Comité de mobilisation contre le CPE (AGEN et UNEF), responsable des blocages, appelant à boycotter le scrutin et à empêcher sa tenue. De même, les instructions de l’UNI seraient de forcer le passage.
Il nous semble qu’un affrontement se prépare alors que ce scrutin, en légitimant les blocages ou la reprise des cours, est vital pour calmer les esprits. En conséquence, nous souhaitons que vous, journalistes, soyez présents MARDI 14 MARS, de 10h à 16h, sur le campus, afin de rendre compte du déroulement de la journée. De plus, nous sommes persuadés que votre présence contribuera à empêcher tout recours à la force. Les mouvements d’un côté ou de l’autre peuvent-ils se permettre de perdre leur crédibilité naissante ?
Vendredi, un professeur de lycée professionnel (dont nous avons le nom) a fait venir 80 de ses élèves de seconde à Nanterre. Ils sont allés en AG (rien à faire là), puis en sont sortis, ensuite ils ont chargé, sur la sécurité ? non, sur un jeune étudiant qui portait un chapeau noir : ils ont criés "mort au rabbin". En fait, ce jeune homme n'était pas un rabbin, ni même juif, mais un bloqueur. La sécurité a appelé le rectorat pour savoir d'ou venaient ces lycéens. En effet après quelques coups de fil, le chef de la sécurité de la fac a reçu un appel et il manquait bien 80 élèves dans un lycée. (Nous ne savons pas ce qui est arrivé au jeune homme)
Que se passe-t-il quand la sécurité de Nanterre intercepte un dealer ? La police ne vient pas le rechercher et demande qu’il soit relâché.
Objet : référé-liberté
Monsieur le Président,
Depuis le jeudi 8 mars à 8h00, l’établissement public universitaire qu’est Institut d’Etudes Politique de Lille (84, rue de Trévise, 59000 Lille) ne fonctionne plus normalement et, en raison de blocages des accès par certaines personnes et par des tables et des chaises, n’est plus ouvert aux étudiants régulièrement inscrits.
Aussi, Etudiant en troisième année dans cet Institut et administrateur étudiant au Conseil d’Administration de l’IEP, je me sens légitiment fondé à porter à votre connaissance les faits suivants.
Premièrement, je souhaite savoir si toutes les mesures ont été prises pour garantir l’ordre public aux abords et dans le bâtiment de l’Institut. Ayant joint, par trois fois Monsieur le Directeur de l’Institut d’Etudes Politiques de Lille pour lui demander de faire appliquer la loi, à savoir l’article L 712-2 du Code de l’Education qui stipule clairement que Monsieur le Directeur est responsable de l’ordre public dans son Etablissement et qu’il peut donc faire appel aux forces de l’ordre pour rétablir ce dernier. Le Directeur semble refuser de prendre cette décision.
Deuxièmement, il apparaît que la continuité du service public, en l’occurrence celui de l’éducation, principe constitutionnel, n’est plus assurer depuis ce jeudi 8 mars, les barrages empêchant professeurs et étudiants d’accéder à leurs salles de cours. La jurisprudence récente du TA de Rennes prévoit, pour une requête similaire, que cette continuité n’est pas remise en cause si l’administration universitaire organise la poursuite des cours en dehors des bâtiments officiels. Je porte à votre connaissance qu’aucune mesure de cet ordre n’a été pris.
Troisièmement, l’amoncellement de tables et de chaises en quantité, dans les couloirs et devant les entrées de l’IEP de Lille remet en cause la liberté de circulation des étudiants et du personnel de l’IEP et n’est absolument pas conforme aux mesures élémentaires de sécurité.
Voila le dernier communiqué de la présidence :
Afin de trouver une issue aux difficultés rencontrées par l’institution pour assurer les enseignements, une consultation de l’ensemble des étudiants avait été programmée pour le 14 mars. Cette consultation ne pourra se tenir.
En effet, aujourd’hui, en raison de l’évolution du contexte dans les universités et des risques réels d’affrontements physiques auxquels la communauté universitaire est confrontée, j’ai décidé la fermeture du campus de Nanterre aux usagers.
Sitting silencieux et pacifique, en blanc, devant le parvis de l’Hôtel de Ville.
Venant de différentes universités, nous sommes sans couleur politique et non syndiqués. Nous sommes simplement des étudiants et souhaitons retourner en cours, bénéficier du service public, exercer notre droit à l’éducation ainsi que notre droit d’aller et venir librement au sein de nos universités.
Nous avons choisi de ne pas nous prononcer sur le sujet du CPE car nous avons tous des opinions différentes et ce qui nous fédère, c’est notre opposition aux blocages des facs.
Nous disposons d’une couverture médiatique etd’une autorisation préfectorale pour le sitting de dimanche.
Par notre nombre nous montrerons aux grévistes l’illégitimité du blocage, et nous signifierons aux présidents des universités concernées notre désir de les voir agir pour arrêter le blocage et nous permettre de reprendre le cours de nos études.
Le fait qu’une minorité oppresse la majorité des étudiants est intolérable. Il faut agir !!!
C’est pourquoi nous vous invitons à nous rejoindre QUELLE QUE SOIT VOTRE OPINION SUR LE CPE, pour faire cesser l’engrenage de la violence.
Sit-in silencieux et pacifique, en t-shirt blanc, devant le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris.
Venant de différentes universités, nous sommes sans couleur politique et non syndiqués. Nous sommes simplement des étudiants et souhaitons retourner en cours, bénéficier du service public, exercer notre droit à l’éducation ainsi que notre droit d’aller et venir librement au sein de nos universités.
Nous avons choisi de ne pas nous prononcer sur le sujet du CPE car nous avons tous des opinions différentes et ce qui nous fédère, c’est notre opposition aux blocages des facs.
Nous estimons que les blocages n’ont eu pour seul résultat que de dresser les étudiants entre eux, les tensions ayant amené un débordement tel de violence que des facultés sont fermées à tous. Il est évident que leur logique a échoué.
Par notre nombre nous montrerons aux grévistes l’illégitimité du blocage, et nous signifierons aux présidents des universités concernées notre désir de les voir agir pour arrêter le blocage et nous permettre de reprendre le cours de nos études.
Le fait qu’une minorité oppresse la majorité des étudiants est intolérable. Il faut agir !!!
C’est pourquoi nous vous invitons à nous rejoindre QUELLE QUE SOIT VOTRE OPINION SUR LE CPE, pour faire cesser l’engrenage de la violence.
Conférence des Présidents d’Université
103, bd Saint-Michel
75005 Paris
Groupes d’étudiants de vos différentes universités, nous nous adressons à vous afin de représenter la majorité silencieuse qui subit l’arrêt des cours suite aux blocages de vos établissements respectifs. Nous ne sommes ni syndiqués ni politiquement affiliés.
Nous nous sentons néanmoins floués par la situation actuelle. Alors que les blocages ont été décidés par une minorité (à titre d’exemple, par 750 voix contre 550 lors de l’AG du jeudi 10 mars à Nanterre) beaucoup estiment que ces blocages constituent une atteinte aux droits des étudiants, des enseignants et des chercheurs.
Une certaine tension a dès lors émergé sur les différents campus, notamment autour de la question de la légitimité des blocages, des violences verbales et physiques ayant eu lieu.
Afin de remédier à cette situation explosive, certains d’entre vous ont décidé d’organiser un scrutin sur l’opportunité de ces blocages. Ces consultations ont été empêchées (Paris X, Rennes II), ailleurs le résultat n’a pas été respecté (Dijon). En raison d’évidents problèmes de sécurité, certains d’entre vous ont décidé la fermeture de leur établissement.
Nous demandons, afin de remédier à la situation, et pour éviter tous nouveaux débordements, que vous décidiez, dans les plus brefs délais, d’une journée de consultation nationale dans toutes les universités sur l’opportunité des blocages. Une telle consultation qui légitimera ou la reprise des cours ou les blocages, peut aider à la reprise d’un dialogue et d’un débat en conciliant utilement liberté de manifestation et droit à l’éducation.
Nous organisons un sit-in sur le parvis de l’Hôtel de Ville dimanche prochain, à 13h, auquel nous convions tous les étudiants désireux de reprendre les cours dans le calme. Notre objectif n’est pas de prendre parti sur le CPE mais de démontrer qu’il est possible de lutter contre une loi sans violence et en respectant la liberté des autres.
Devant l’échec des blocages à fédérer le monde estudiantin, nous appelons les comités de mobilisation contre le CPE, dont nous saluons l’œuvre antérieure au blocage, à changer utilement de méthodes. Nous estimons que le débat ne pourra renaître qu’avec l’apaisement nécessaire qu’entraînera une telle consultation nationale donnant à chaque étudiant la possibilité de prendre position sur la question des blocages.
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