Texte Libre

Bienvenue sur StopBlocage, le collectif étudiant de ceux qui veulent faire valoir leur droit à étudier et à aller et venir dans les Universités



Lundi 3 décembre 2007

Jeudi dernier, alors que le blocage avait été voté la veille, la ligne n’était pas en place à 7H55. Déçue, j’allais voir le petit groupe de bloqueurs inactif vers l’entrée afin de me renseigner sur les raisons de cette regrettable défaillance. « Nous ne sommes pas assez nombreux… » me répondit-on penaud.

Oh, désespoir ! Moi qui croyais les AG souveraines, moi qui pensais leur pouvoir législatif-exécutif sans sursis envisageable… Mais que sont les AG, alors ? Les bloqueurs n’ont donc pas le pouvoir absolu ? Les minorités n’ont pas raison de faire valoir la loi du plus fort ?

Pourquoi cette anecdote déchirante ? Pour encourager ceux qui sont encore bloqués : le mouvement touche à sa fin ! Les AG de plus en plus mornes : beaucoup moins de huées… parce que beaucoup moins de monde. Bonne occasion pour montrer à quel point ces rassemblements ne sont utiles qu’au service d’un mouvement destructeur dont les tenants, lorsqu’ils savent qu’ils ont perdu, perdent leur motivation pour gaspiller tant d’heures à « refaire » les lois. Ainsi, tout rentre progressivement dans l’ordre.

Mais après ? Lors de la prochaine contestation, les AG vont renaître, les bloqueurs voter le blocage…

Que faire ? Utiliser les institutions au service des étudiants pour passer des messages. Pourquoi ne pas faire entendre nos voix dans les conseils de nos universités ? Demandons à nos présidents soit une lutte sans merci contre des AG au pouvoir autoproclamé et manipulées par des minorités, soit l’encadrement de ces AG. En effet, si l’on ne peut (ou si l’on ne veut) les empêcher, le seul moyen d’en contrôler la dérive est d’en définir des statuts qui pourraient en annihiler les caractères subversifs. Les bloqueurs des AG leur donnent officiellement un rôle de forum de débat : donnons leur des cadres pour débattre… mais suffisamment stricts pour faire en sorte qu’ils ne puissent s’arroger de pouvoir « gouvernemental ». D’un point de vue pratique, cela aurait le mérite d’une part d’éviter qu’ils investissent les amphis au détriment des cours, d’autre part de monter que, hors période révolutionnaire, les bloqueurs sont beaucoup moins intéressés par le débat…

Dans tous les cas, pour la paix dans les universités il est nécessaire que nous nous engagions afin de faire en sorte de ne pas subir le poids de ces minorités hyperactives. Non seulement elles s’approprient le lieu public qu’est l’université1, mais en plus, elles utilisent cette première démarche tyrannique comme marchepied dans leur combat totalitaire contre les institutions démocratiques qui régulent la société française. 

Alors ne les laissons pas se renforcer par notre passivité, n’attendons pas la prochaine crise pour nous engager. C’est dès maintenant par une participation active à la vie commune que nous désamorçons les cycles révolutionnaires. Ça commence pour nous par le vote aux élections universitaires (et locales ou nationales) ; et ça se prolonge par notre participation à la vie publique dans les syndicats, associations, partis politiques…

Camarades (!), si nous le construisons, l’avenir nous appartient !

par Collectif Stop Blocage -liberté d'étudier publié dans : stopblocage
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Vendredi 23 novembre 2007

Plus ça change et plus c’est la même chose… On peut observer quelques évolutions dans le mouvement totalitaire qui s’est abattu sur nos universités, mais aussi certaines permanences dues à la logique de nos révolutionnaires à la petite semaine (des quatre jeudis). Elles sont intéressantes car nous arrivons à un stade où l’engrenage amorcé les amène vers une plus grande radicalisation.

 Tout d’abord le principe du blocage. Il a été plus ou moins remis en cause à la Sorbonne en fin de semaine dernière par quelques uns, découragés par son inefficacité, qui pourtant avaient été en première ligne pour le revendiquer. Seulement, voila, maintenant, il fonctionne. Il parait qu’il s’agit d’un blocage filtrant. Il doit théoriquement empêcher l’entrée de tout ce qui ne prépare pas les concours de l’enseignement[1].

Pourquoi fonctionne-t-il ? Parce que nos bloqueurs se retrouvent secondés par les vigiles qui font le tri à leur place afin d’éviter les débordements. Technique de l’autruche… qui fonctionne tellement bien que la Sorbonne a été fermée vendredi 23 dans la matinée à cause de la montée de la violence. Il est tout de même assez formidable de voir l’administration se rendre complice de ces gens qui foulent aux pieds les principes essentiels de la démocratie.

Ce système était, peut-être plus encore que le blocage total, un moyen de faire monter la pression. D’une part, nos révolutionnaires veulent s’imposer, d’autre part ils ne répugnent pas à s’ériger en martyres de la cause. S’ils prennent un coup, c’est dans l’exercice légitime de leur droit de grève qui fait suite à une décision votée en AG, démocratiquement, donc ; cela va sans dire. Ils les chercheraient presque… Car ils doivent subir la répression… Les pauvres enfants ! Ils sont surveillés par les « chiens de Pétain (sic !)[2]» ; ce qui est absolument antidémocratique. Je dirais même la marque du totalitarisme du gouvernement Sarkozy qui cherche à imposer la dictature du capital.     Dans tous les cas, le blocage est la ligne de conduite dégagée par les coordinations des pseudo-AG. En voici une justification, éditée sur un abominable tract vert-fluo : « Seule la non-tenue des cours peut permettre aux étudiants de s’engager pleinement sans crainte d’être pénalisés. » Quel égoïsme ! Il me semble que cela ne mérite même pas de commentaire : je m’engage, il ne faut pas que cela me nuise, alors pour l’éviter, nuisons à la société. Quel engagement ne pénalise pas ? Les plus riches d’entre eux ne sont-ils pas souvent ceux  qui demandent temps et énergie[3] ?
En outre,« L’organisation du mouvement nécessite l’accès à des locaux pour nous réunir et débattre et il est par conséquent normal de revendiquer la réappropriation des locaux universitaires, lieux qui nous sont destinés et qui constituent nos lieux de travail. »

La réappropriation ? Les locaux universitaires sont la propriété de l’Etat, par là de TOUS les citoyens. C’est l’administration qui les déferre à telle ou telle fonction. Les amphis universitaires sont destinés à l’enseignement ! Et justement, s’ils sont des lieux de travail, ce ne sont pas des lieux de propagande politique !

Et en ce qui concerne l’occupation des lieux, justement, il est à noter que non seulement nos bloqueurs veulent bloquer, mais ils revendiquent de façon de plus en plus unanime l’occupation des lieux[4]. Il est difficile de savoir exactement  de quoi il s’agit. Il semblerait qu’ils seraient à la faculté de jour comme de nuit (leur zèle est sans limite…) afin de tenir des lieux de dialogue et de communication… Comme auparavant le blocage allait de soi, de plus en plus, l’occupation semble un moyen essentiel pour eux.

 

Dans tous les cas, le vote en AG leur donne tous les droits puisque « nos AG sont très démocratiques. Et là-dessus, y’a plus de débat possible.[5] » Pourtant, nos « AGistes » veulent faire reconnaître la validité de leurs AG par les administrations. Se seraient-ils rendu compte qu’ils ne représentent qu’eux-mêmes, ne sont délégués par aucun mandat et refusent tout ce qui s’apparenterait à une gestion légale des conflits sociaux[6] ?

Ils veulent notre bien, disent-ils. C’est fort gentil à eux, mais je ne doute pas que monsieur Hitler voulait le bien des Germains et monsieur Staline celui des Russes. Seulement, ils ont oublié de leur demander leur avis… Ceci n’est pas une simple provocation car ce mouvement laisse poindre certains aspects totalitaires. Les régimes totalitaires sont des régimes policiers. Nous avons affaire à un mouvement qui trie les personnes qui ont droit ou non d’accéder aux locaux de l’université. On y voit aussi un régime de censure puissant puisque, que les étudiants le veulent ou non, ils sont contraints de « débattre » sur les sujets qui préoccupent nos activistes. « Si vous n’allez pas en AG, ne vous plaignez pas qu’on y vote le blocage. » Il est interdit d’avoir d’autres centres d’intérêts que les leurs. En outre, ils s’établissent par la propagande. Et voila le discours que l’on nous tient : « On se bat pour vous… et si vous êtes contre nous, vous êtes des ennemis de l’humanité. Et d’ailleurs, qui n’est pas avec nous est contre nous[7]. Et nous pouvons utiliser tous les biais possibles car notre objectif (seul) est bon. » La fin qui justifie les moyens… Un principe dangereux. Il peut justifier les pires dérives.  

 

Elle justifie, entre autres, la mobilisation des lycéens. Une fois de plus, comment ne pas s’élever devant la manipulation des adolescents (par d’autres adolescents pas beaucoup plus grands) dont la conscience politique reste assez limitée. A chaque âge ses responsabilités. Laissons-leur le temps de se construire avant de les embrigader !

 

 

En conclusion, il est important d’insister sur les procédés insidieux utilisés qui, plus que jamais devraient pousser tous les défenseurs de la démocratie à s’élever contre les moyens employés par ce mouvement. D’abord parce qu’il cherche à se présenter comme démocrate alors qu’il est un flagrant déni de démocratie aux actions profondément tyrannique.

Ensuite parce que ces apparences qu’ils se donnent ont un effet efficacement lénifiant sur ceux qui subissent leur oppression. Ce blocage filtrant : même si la colère gronde, la majorité des étudiants se contentent d’aller en cours et se disent que ça pourrait être pire. Mais bon sang ! Il est inadmissible que des étudiants puissent établir des contrôles d’identité à l’entrée de la fac pour en autoriser ou non l’entrée à leurs camarades[8] !

Ensuite cette justification par leur droit de grève, leur droit d’appliquer les décisions de leurs AG. Ils vous entretiennent de cela avec un gentil air de chien qu’on a battu et qu’on risque de rebattre bientôt… Et ils sont absolument surs de leur innocence. Et si on n’est pas content, on n’avait qu’à voter contre. Ils font en sorte (procédé classique) d’empêcher toute dissociation de leur combat politique et de leurs blocages… Or, l’arène politique n’est pas l’université. Dans une démocratie, ce sont les urnes… ou au pire la rue avec les manifestations. Il faut aussi refuser d’entrer dans l’optique de « convergence des luttes. » Il me semble important de dissocier les grèves qui sont en train de prendre fin d’avec les blocages d’universités. Les cheminots, salariés, ont le droit de grève. Il n’est écrit nulle part dans la constitution que les étudiants ont le droit de blocage. Les désagréments sont peut-être concomitants mais les principes qui érigent l’action estudiantine sont, eux, néfastes pour la perpétuation de la démocratie.

Enfin, si l’Etat réussit à ramener l’ordre, espérons que ce ne soit pas en donnant raison à ces dénis des institutions républicaines car ils en sapent les fondements et pourraient servir de jurisprudence pour les générations à venir.

 

 



[1]Merci ! C’est beau la « solidarité »… Et merci pour les licences qui, à leurs yeux, ne représentent donc rien…

[2] Gendarmes mobiles qui assurent la protection de la Sorbonne… Il est frappant de voir comme la méconnaissance de l’histoire peut permettre l’endoctrinement des esprits. On apprend à l’école que le maréchal est un méchant collaborateur d’Hitler (vision simplifiée mais basée sur des faits), on en tire pour diaboliser l’adversaire l’affiliation pétainiste totalement dénuée de fondement et d’analyse historique, c’est agaçant, voire révoltant vu le but poursuivi, pour les amateurs d’histoire que nous pouvons être.

[3] Et cela n’a pas de valeur, ne se compte pas, ne se négocie pas… C’est simplement gratuit…

[4] Soutenus par certains enseignants qui viennent la revendiquer en AG…

[5] D’après un grand orateur en AG… qui n’a pas tout à fait la même vision de la démocratie que moi. Je ne reviendrai pas sur l’auto-désignation d’une tribune, la promulgation d’un ordre du jour non concerté (enfin, sauf par les meneurs du mouvement), le vote à main levée, les votes recommencés « parce qu’on a mal vu » ou simplement parce que ça grogne un peu fort dans la salle…

[6] Dont le minimum serait la négociation… qu’ils récusent sans discussion.

[7] Noté en AG : Aux gens qui disent « j’ai envie d’aller en cours, je m’en fous de la LRU » eh bien  votre passivité ne vous sert qu’à vous ranger du côté des oppresseurs.

[8] Je ne suis pas certaine que le mot soit bien approprié ici…

par Collectif Stop Blocage -liberté d'étudier publié dans : stopblocage
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Lundi 19 novembre 2007
En-col--re.jpgUn mouvement de protestation monte dans plusieurs Universités françaises. Ce n'est pas directement lié au thème annoncé par le titre de ce blog ; mais ce n'est pas, non plus, complètement étranger, et c'est un sujet qui me tient à coeur. J'ai en effet enseigné quatre ans en fac d'histoire, tout en y étant inscrit comme doctorant ; ce double titre me permettait d'avoir des échanges avec les étudiants comme avec les professeurs (même si les premiers me craignaient et que la plupart des seconds ne m'accordaient aucune importance). J'ai ainsi assisté des premières loges à plusieurs périodes d'agitation estudiantine.

Ces expériences m'ont édifié. Pour ceux qui n'auraient pas eu la chance de vivre de l'intérieur un "mouvement étudiant", voici la chronologie quasiment intangible des faits.

1) Un groupuscule de jeunes gens très idéologisés déterre la hache de guerre pour une raison quelconque. Il s'agit notamment des syndicalistes UNEF, mais ceux-ci étant en général très peu nombreux accueillent bien volontiers l'enthousiasme combatif de militants LCR, anars, altermondialistes, etc. Les seconds ne tarderont d'ailleurs pas à déborder les premiers qui, ironie de l'histoire, se feront in fine traiter de dégonflés par les irréductibles guérilléros rouges et noirs.
Les étudiants mécontents affirment immanquablement que leur révolte est due à des motifs très graves : il s'agit de défendre le modèle français d'enseignement supérieur, d'éloigner de l'Université la convoitise des puissances d'argent, de préserver le principe d'égalité, de sauver la démocratie en danger, etc. Il m'a toujours semblé, cependant, que les mouvements étudiants obéissaient simplement à un réflexe pavlovien d'opposition au pouvoir. Je suis convaincu que si demain, un gouvernement de droite imposait que les présidents d'Université revêtent une toge en poils de lapin lors des réunions plénières, il se trouverait des gens pour crier que non ! pas ça ! pas la toge ! les poils de lapin, c'est le retour de la Bête Immonde ! Et la lutte de s'organiser.
On croit souvent que les étudiants sont manipulés de l'extérieur. En réalité, les étudiants se manipulent tout seuls, en se gavant de grands mots et en s'essayant vainement à rejouer Mai 68.

2) Ce petit groupe tente dans un premier temps de recruter et de convaincre par des moyens classiques : tractage, réunions publiques, affichage, etc. C'est l'ordinaire médiocre du travail politique, dont ne saurait se contenter la jeunesse impétueuse. Aussi cette dernière, constatant qu'elle ne parvient aucunement à ébranler l'apathie de la majorité des étudiants, passe à la phase

3), qui consiste à durcir le mouvement pour décider les indécis et donner un écho médiatique à un mouvement encore microscopique. On convoque donc des AG où l'on rassemble, en rameutant le ban et l'arrière-ban, quelques centaines de personnes sur les 10 ou 15.000 que peut compter la fac.
Il faut d'ailleurs remarquer, sur un plan général, que les agitateurs présentent un profil très particulier.
*Ce sont des enfants des classes moyennes (les rejetons de la bourgeoisie regardent tout ce cirque avec un dédain bien fondé, et les méritocrates issus des quartiers pauvres préfèrent travailler que de discutailler ad nauseam).
*Ils vivent intensément un premier engagement politique et/ou syndical (ce qui les place en porte-à-faux avec l'immense majorité de leurs camarades, qui sont très atones sur ce point).
*Ils sont inscrits en lettres et sciences humaines : les facs de droit, de science ou de technologie ne participent quasiment jamais à ce genre de mouvement. Pourquoi tant d'agitation chez les sociologues et les historiens ? Pour plusieurs raisons. Leurs professeurs sont souvent très à gauche et ne se privent pas de le laisser transparaître dans leurs cours. Le travail et l'investissement des étudiants est souvent moindre, avec, aux partiels, un taux d'échec ou d'absence absolument hallucinant -et ce dilettantisme les rend disponibles pour d'autres activités. Enfin, les principaux, pour ne pas dire les seuls débouchés de ces filières se situent dans la fonction publique, ce qui induit, chez ceux qui les suivent, une mentalité spéciale (pas forcément méprisable, mais spéciale).

4) L'AG ! Ce grand cénacle bouillonnant ! Ô glorieuse AG ! Toi que les "étudiant-e-s en lutte" invoquent à tout bout de champ comme une bouleversante expérience de démocratie directe.
L'AG est une assemblée où un bureau auto-proclamé décrète l'ordre du jour à sa discrétion, donne la parole à qui lui plaît, et n'admet d'autre vote qu'à mains levées. C'est un soviet. Elle décide bien entendu à une écrasante majorité que, face à la surdité du gouvernement, le durcissement de la lutte s'impose comme une triste fatalité. Les "grévistes" (je place l'expression entre guillemets parce qu'elle me paraît relever de la plus parfaite absurdité, s'agissant d'étudiants) se sentent déliés de toute espèce de scrupule par ce vote démocratique : ils n'ont "pas le choix".
Aussi vont-ils recourir à une violence de basse intensité, qui suffit généralement à perturber le bon fonctionnement des cours. Il suffit de mettre un peu de colle forte dans les serrures des salles de classe et d'établir quelques barrages filtrants à l'entrée des bâtiments. Un autre procédé très efficace consiste à chaparder toutes les chaises et à les stocker dans un amphi, où elles resteront sous bonne garde. Les professeurs répugnant à faire leurs cours debout ou assis par terre, les reporteront sine die. Personnellement, je me rappelle avoir réussi à maintenir mes TD dans une Université presque entièrement occupée ; j'accueillais la douzaine d'élèves qui avait le courage de braver les piquets de grève dans mon minuscule bureau. C'était très inconfortable mais nous étions fiers et heureux de nous retrouver dans ce contexte. Un excellent souvenir.

5) C'est une triste loi de la vie démocratique : les gueulards irresponsables se font toujours mieux entendre que les personnes modérées et de bon sens, du moins dans un premier temps. Cette règle s'applique à la puissance dix en milieu universitaire. Les étudiants paisibles se sentent souvent humiliés par la surexposition médiatique de zozos qui ne les représentent en rien, mais ils baissent la tête et se taisent ; beaucoup d'autres décident de prendre leur parti des évènements en s'octroyant quelques journées de repos bien méritées. "Le mouvement s'étend", titre alors la presse, qui croit pouvoir y déceler une vive hostilité aux projets du ministre.
Un cours est annulé, puis trois, puis dix. Les enseignants sont trop divisés pour prendre une position commune face au chaos croissant. Certains sont exaspérés mais impuissants ; ceux qui ont le courage de dire tout le mal qu'ils pensent de ces pitreries sont conspués - et c'est un spectacle vraiment navrant que de voir l'autorité intellectuelle de ces vieux savants tournée en dérision par des coquelets d'une ignorance crasse. D'autres enseignants, d'ailleurs, sont complices des "grévistes" ; et presque tous se réjouissent au bout du compte de voir annuler des cours de premier cycle qui sont pour eux autant de corvées. Voilà du temps gagné pour leurs recherches personnelles.
Le président de l'Université, quelle que soit son expérience de ce genre de situation, commence quant à lui à s'inquiéter ; mais il n'ira jamais, au grand jamais, jusqu'à solliciter l'intervention des forces de l'ordre pour dégager les insurgés à la mie de pain. Car il a bien souvent la coupable faiblesse de "comprendre" ces étudiants.

6) L'impunité totale donne des ailes à la minorité agissante. Des émissaires viennent prêcher la bonne parole dans les cours maintenus, invitant leurs camarades à les rejoindre, et qualifiant de jaunes ceux qui s'y refusent. La fac est bientôt occupée. Les AG s'y multiplient et durent très tard ; on y refait le monde, on y vote des motions sur tous les sujets de la Terre. Ceux qui dorment dans les locaux pour "monter la garde" boivent, fument, baisent. Ils vivent une expérience dont ils se souviendront toute leur vie avec tendresse. Ils sont si jeunes qu'on voit encore du lait sur leurs frimousses ; et ils vivent une grande aventure : jouer à la révolution, c'est tellement plus rigolo que d'user ses fonds de culotte à la BU ! Bref, c'est un rite de passage d'autant plus indispensable qu'il n'y a pas de bizutages dans les facs de lettres.  
A ce stade, les rebelles ont complètement oublié contre quoi ils se battent, mais sont d'autant plus intransigeants. "On ne lâchera rien !" Portées par cette ambiance romantique, de nouvelles recrues se manifestent -sans permettre toutefois aux "grévistes" actifs d'atteindre 1 % des étudiants inscrits.
Parallèlement, les plus radicaux commencent à vandaliser les locaux et invitent des "amis" (SDF, marginaux, délinquants) à les y rejoindre. Dans la faculté où j'enseignais, des artistes anonymes avaient trouvé le moyen de coller des tables et des chaises sur les murs et les plafonds des trois grands amphis. Plusieurs millions d'euros de dégâts au total.

7) Trois ou quatre semaines passent ainsi. Informée par rumeurs de ce qui se passe dans les locaux occupés, la présidence de l'Université se fait de plus en plus de cheveux blancs. Les étudiants neutres commencent à gronder en pensant à leurs partiels : ils n'en ont rien à foutre, de tout ça, ils ne veulent tout simplement pas perdre leur année. Qu'on les laisse travailler un minimum. -Quant aux étudiants hostiles, ils n'hésitent plus à l'ouvrir.
Pour contrer cette vague d'hostilité croissante, les mutins ont recours à des procédés vieux comme le monde. Les voix discordantes qui s'expriment dans les AG sont couvertes par les huées ; la proposition de recourir à un vote A BULLETINS SECRETS pour décider de la poursuite du mouvement est dédaigneusement rejetée.
Ne pouvant plus argumenter sur le caractère démocratique de leur mouvement, les "grévistes" se placent sur le terrain des principes : ils sont peut-être minoritaires, mais ils défendent l'intérêt de tous, de façon héroïque et quasiment sacrificielle. Ils planent à des altitudes inatteignables.

8) Le gouvernement lâche alors trois grains de lest, en présentant ce geste comme une concession majeure (on abandonne les poils de lapin, remplacés par des poils de loutre). Les "grévistes" ne sont pas dupes, mais beaucoup sont fatigués par des semaines d'activisme, et commencent eux aussi à avoir peur de se planter aux examens. Le groupe des motivés se scinde, non sans un échange de mots aigres.

9) Les jusqu'au-boutistes tentent un baroud d'honneur, qui échoue comme de juste mais qui leur laisse la conscience tranquille. L'une des fonctions essentielles de la grève a été atteinte, avec le recrutement d'une nouvelle génération de combattants. La frustration qu'ils éprouvent commence à fermenter en eux : c'est ce qui leur donnera l'énergie nécessaire, l'année suivante, pour reprendre tout ce barnum à partir du point 1).

En attendant la prochaine crise d'épilepsie, l'Université somnolera dans sa médiocrité. 


C'est on ne peut plus clair : l'Université française n'a pas besoin de nouvelles sources de financement.
par Collectif Stop Blocage -liberté d'étudier publié dans : stopblocage
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Samedi 17 novembre 2007

L’AG du jeudi 15 novembre à la Sorbonne a commencé dans une anarchie sans nom. Ils ont encore réussi à me surprendre ! Moi qui croyait avoir tout vu… Il n’y avait pas de micro. Nous avons donc assisté à la controverse sur « faut-il poursuivre ou non »1… Amusant.

    Je vous passe le vote de la tribune, de l’ordre du jour… Sans surprises. Je crois que je vais aussi esquiver le compte rendu des débats qui n’ont rien apporté de bien nouveau, pas même le plaisir de voir l’AG siffler des représentants de l’UNEF…

    Quelques sujets hors la loi Pécresse : les blocages d’ailleurs, la surveillance policière et la violence des CRS, les manipulations du gouvernement qui veut monter les étudiants les uns contre les autres afin de diviser le mouvement par des moyens insidieux2

    Je ne m’étendrai pas sur les prises de bec concernant la clôture des listes d’intervenants pour chaque point de l’ordre du jour, les « vous nous volez notre AG !3 » lorsqu’un UNEF propose la négociation…

Puis, nouvelle situation réjouissante : le micro arrive. AAAHHHH ! Enfin ! (Il est vrai qu’on n’entendait rien…) Accompagné du commentaire de « l’autorité tribunale » : « C’est les gens de la sécu qui ont insisté pour qu’on ait un micro, alors no casse, hein !4 » complété par « on a eu le micro parce qu’on a fait pression à l’administration, on a expliqué que ça allait déborder sin on n’avait pas de micro… »5

    Après une altercation assez violente vers et sur la tribune au moment de voter les « décisions » parce qu’il y avait controverse sur le déroulement de la suite de l’AG6 (ne valait-il pas mieux parler avant d’une délégation à la « coordination nationale » ?) on décide de voter pour savoir si on vote les décisions (si !). Résultat positif.


Ont été votées les motions suivantes :

  • Retrait de la LRU sans négociation, et abrogation.
  • Hausse des moyens publics de l’université pour servir à augmenter le nombre de postes aux concours et augmenter les moyens étudiants et mettre en place un salaire étudiant7 (tout en vrac)
  • Attachement au cadre national des diplômes
  • Rejet du processus de Bologne
  • Soutient de principe aux cheminots
  • Refus de la professionnalisation de l’université
  • Départ des gardes mobiles
  • Rejet d’une motion lue très vite et très longue dont je ne saurais dire ce qu’elle contenait (« on va devoir recompter »8) par abstention majoritaire
  • Pour une taxe sur les entreprises pour financer les universités
  • Pour rejeter le projet de Sorbonne nord9 (abstention majoritaire… même pas vrai ! Bon d’accord on recommence. Une nouvelle fois. Bon, c’est plus clair, pas la peine de compter.)
  • Pour que les syndicats étudiants soient pour l’abrogation sans négociation
  • Une autre motion hyper longue, en gros pour la convergence des luttes
  • Contre le vote électronique
  • Rejet de la loi sur l’immigration
  • Grève
  • Participation aux manifestations de cheminots et fonctionnaires, rassemblement devant l’Assemblée à 14H le 16/11, AG interprofessionnelle
  • rassemblement à 10H à la Sorbonne, RV 7H30 pour le blocage (abstention majoritaire)10
  • mobiliser les lycées
  • « après ce vote, vous ne quittez pas immédiatement l’amphi comme la dernière fois » : blocage/filtrant/occupation11. « Et les gens qui ont voté le blocage s’engagent à y participer !!! »
  • Prochaine AG lundi 14H.
 

Après cela, je suis restée un peu pour leurs mandats à la « coordination ». Pas jusqu’au bout, mon sens de l’humour a des limites…(Et puis… ah oui, c’est vrai, j’ai des concours en fin d’année… Ben oui, je ne pense qu’à moi, je pourrais les laisser bloquer quand même…) C’est fatiguant à force. En gros, ils étaient d’accord pour un mandat impératif, ce qui vaut mieux vu l’extrême largeur de l’éventail de leurs opinions et revendications. Mais du coup, cela pose encore plus la question, nonobstant l’illégitimité de leur action, de son efficacité. Ils n’auront jamais pu se mettre d’accord sur des revendications précises. Je me demande à quel point ils ont pu faire des concessions puisqu’ils sont contre toute négociation. Le communiqué de la « coordination » nous en informera…

par Collectif Stop Blocage -liberté d'étudier publié dans : stopblocage
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Jeudi 15 novembre 2007

Au nom de quoi un groupuscule autoproclamé peut-il se faire maître d’une assemblée sans légitimité ? Comment se constitue ce « jury populaire », qui en sont les membres réglementaires ? Qui a voté les constitutions établissant de telles instances ? Quelle légitimité accorder à une bande de jeunes réunis de façon désordonnée dans un amphithéâtre (historique) envahi par effraction[1] ? Sur quelle base juridique les « étudiants » organisent-ils de telles assemblées ? Quelles sont les institutions qui en réglementent le déroulement, la gestion, la participation et la prise de décision ? Qu’est-ce qui donne ne serait-ce qu’une once de légitimité au vote d’une assemblée générale qui, finalement, pourrait se résumer à un grand cirque où chaque tribun peut publiquement étaler ses revendications politiques dans une grande foire aux mécontentements. 

Mais l’étudiant n’est pas dans l’arène politique. Comme l’indique son nom, il est là pour se former et se préparer à entre dans la vie active. Alors comment ne pas être effondré en entendant des revendications de « faire ce que j’aime » et surtout ne pas devenir « de la chair à patrons ». Non, l’université n’est pas avant tout un lieu de démocratie, elle est un lieu d’étude. Elle n’est pas un lieu où l’on est salarié mais un service public assuré par l’Etat. La richesse qu’on y reçoit n’est pas matérielle mais avant tout spirituelle. Mais une formation de haut vol se mérite. On ne peut laisser toute la jeunesse passer des années dans des études théoriques qui, au final, ne lui offriront aucun débouché. Tout le monde ne peut pas être chercheur. Cela demande une sélection.  

Et pourtant…

Permettez-moi de partager avec vous l’expérience de l’assemblée générale du 13 novembre qui est, me semble-t-il, fort instructive.

 

Pur mauvais esprit : outre la porte cassée, la ponctualité n’était pas au rendez-vous. Moi non plus. Je suis arrivée en retard et ai raté certains épisodes. Je pense tout de même avoir pu recueillir la substantifique moelle de ces « débats ».

Je tiens à noter les efforts du « maître de la tribune » (si je puis me permettre) pour qu’on ne hue pas trop ceux qui n’allaient pas dans le sens révolutionnaire prescrit par la majorité. L’apparence, en effet, joue un rôle fondamental. Il faut absolument (se) donner l’impression d’une véritable démocratie. D’ailleurs, la seule véritable : la démocratie directe. Lorsque plusieurs fois le principe d’un vote à bulletin secret a été réclamé, le grand argument contre, outre la difficulté de faire voter tous les étudiants de la Sorbonne a été  que « le vote à main levée est nécessaire pour la démocratie pour que chacun assume ses opinions. » « Il faut accepter [les décisions prises], même si la majorité des étudiants n’est pas d’accord, parce qu’ils ne viennent pas en AG. » Voila donc pourquoi rien ne sert de respecter les institutions pour lesquelles, de mémoire d’étudiant, on n’a jamais voté à main levée. C’est aussi la raison pour laquelle on peut voter en AG « la dissolution du gouvernement actuel »[2].

On notera aussi la propagande (pas si bien efficace que ça, à mon grand dam) sur les CRS présents autour de la fac « pour empêcher le bon déroulement de l’AG. » Ce genre d’information accompagnée de remarques alarmistes est distillée savamment à mesure qu’approche le moment crucial où seront votés grève et blocage. Grève et blocage qui, bien entendu, ne sont pas un sujet qu’on a prévu de traiter en AG. Dans la même ligne, on nous annonçait progressivement les AG d’autres universités qui avaient voté le blocage.

Quand au respect d’un ordre du jour… Il fut sévère pour une demoiselle qui voulait parler des méfaits du blocage… puis totalement oublié dans une soudaine amnésie générale lorsque des entre-actes furent offerts par une militante pour les sans papiers, une squatteuse d’immeubles publics ou des lecteurs de communiqués révolutionnaires.

 

L’AG a donc voté[3] :

  • Pour l’abrogation de la loi Pécresse (malgré l’abrogation, elle a, pour plus de sécurité voté le boycott par les syndicats des négociations sur l’application de la LRU )
  • Puis elle a voté qu’on voterait les revendications une par une. Je crois me souvenir qu’auparavant, nous[4] avions voté qu’on voterait les revendications avant les perspectives (qui sont, ce qui fut expliqué ultérieurement, les moyens mis en œuvre pour faire entendre ces revendications).
  • Pour l’augmentation des bourses et aides au logement
  • Pour le rétablissement de la nationalisation des diplômes qui ne sont pas les mêmes dans toutes les universités
  • Le refus d’une motion qui demandait que l’AG cesse de défendre la fonction publique
  • Pour le rétablissement de tous les postes d’enseignants aux concours et même une augmentation
  • Pour la gratuité de l’enseignement supérieur (« ce n’est pas clair »… il a fallu deux votes)
  • Le refus de l’abrogation du LMD
  • Pour l’appel à la solidarité par la grève et la participation aux manifestations avec le mouvement des cheminots et des personnels de l’éducation nationale
  • Pour se prononcer contre le projet de Sorbonne Nord[5]
  • Pour la suppression des nouvelles cartes d’étudiants à puce qui comportent le logo BNP-Paribas.
  • Refus à « à peu près » 150 contre 120 du principe d’un vote à bulletin secret (pour une fois, on a compté.
  • Pour que l’AG ait une banderole pour la manifestation de demain (« c’est bien demain la manif’ ? »)
  • Pour la globalisation des revendications avec remise en cause de l’OMC, de la libéralisation des services dont l’éducation.
  • Pour la suppression du contrôle des cartes d’étudiants à l’entrée de la Sorbonne
  • Pour soutenir la coordination nationale.

Dans la case perspective (car, non, les votes n’étaient pas achevés…) Nous avons ensuite voté la grève immédiate et reconductible avec piquets de grève. Il s’agit donc de bloquer la fac. Rendez-vous est donné demain 7H30 pour les piquets et ceux qui ont voté le blocage se sont par là-même engagés à tenir ces piquets. (Appels désespérés de la tribune qui voit tous les étudiants exaspérés de la durée des « débats » s’en aller, quel qu’ait été leur vote)

Il s’agissait de débrayer les TD (dommage, l’administration a fait cesser les cours vers 16H. En revanche, il faut voir s’il n’y a pas des salles ouvertes pour y récupérer tables et chaises.

Dans la pagaille a été votée une prochaine AG jeudi et l’occupation immédiate de la Sorbonne. Il faut aussi constituer des comités en tous genres (il ne manquait que celui de salut public).

 

Et j’ai voté. Pourquoi ? J’ai cautionné ces manières de faire anti-démocratiques et illégales. Mais face à une minorité prête à agir quoi qu’il arrive, quel moyen reste-t-il à l’étudiant lambda pour faire entendre sa voix ? Les média eux-mêmes légitiment les AG : ils en rendent des comptes réguliers dans les informations quotidiennes. L’assemblée générale a voté le blocage à Nanterre par 720 voix contre 650… Mais qu’est ce que ces chiffres ? Comment compter tant de mains en si peu de temps (comptage que, sauf forte participation des deux côtés, un coup d’œil même pas circulaire sur l’amphi suffit à déterminer.) ? Et quel poids ont ces quelques activistes révolutionnaires face à la légalité et à la continuité du service public ?  

 

Après une sortie d’une petite demi-heure, je suis repassée à l’amphi. Voila que nos fiers révolutionnaires dissertaient, quelque peu inquiets, sur la manière de se comporter lorsque les CRS viendraient les reconduire chez Papa-Maman. « Nous sortirons en groupe serré pour qu’ils ne nous arrêtent pas… » La discussion s’est soldée dans le soulagement général par la proposition de rejoindre les cheminots gare d’Austerlitz, ce qui sera beaucoup plus efficace. Un blocage était utile au début du mouvement pour attirer l’attention. Maintenant, c’est fait. Ainsi nos don quichotte ont-ils voté à 35 voix contre 27 qu’ils allaient lever le camp… 

 

Il me reste quelques questions : comment financent-ils leurs banderoles et actions en tous genres (tracts…) ? Qui a été le greffier assermenté de cette AG ? Avec quoi pourrez-vous comparer mon compte rendu pour vérifier que je ne vous manipule pas ? Il ne vous reste plus qu’à me faire confiance… Ou à eux.



[1] Une porte de l’amphi richelieu a été brisée au début de l’AG du mardi 13 septembre. « Mais c’était un accident », a répondu le tribun à un étudiant qui faisait remarquer que ce n’était pas le meilleur moyen d’être crédible. Je me permettrai une question : qui va financer le remplacement du battant détérioré ? La hausse des crédits aux universités ? 

[2] « SVP, levez bien haut les mains, je ne vois pas très bien »

[3] Et tout le monde participe, il ya même une catégorie « ne prend pas part au vote » pour laquelle il faut lever la main. C’est beau la démocratie lorsque ça permet ainsi à tout le monde de s’exprimer…

[4] J’avoue avoir mal au cœur d’être obligée de me compter comme responsable de ces votes auxquels j’ai assisté et, sur certains points cruciaux, participé.

[5] Il s’agirait d’un projet de délocalisation Porte de la Chapelle de toutes les sciences humaines.

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Jeudi 15 novembre 2007

Le flou persiste quand au blocages des universités, si quelques unes d'entres elles sont fermées administrativement de façon ponctuelle à chaque débordement(tolbiac, la sorbonne), d'autres vivent des affrontements violents entre bloqueurs et forces de police (nanterre, la sorbonne), d'autre encore voient le résultat de vote éléctronique contestés par les bloqueurs.

à la sorbonne cependant, voici les résultats de la consultation éléctronique qui a eu lieu entre mardi et jeudi:

Le nombre de participants a été au total de 7473 (sur 29869 étudiants ayant actuellement achevé leur procédure d'inscription ) dont 3962 sur les 7735 étudiants dont les formations sont localisées au centre Pierre Mendès France (tolbiac).
Le taux de participation s'élève ainsi à 25% pour l'ensemble de l'université et à 51.2% pour le centre Pierre Mendès France, soit pour ce site, près de trois fois le taux de participation aux dernières élections des représentants étudiants aux conseils centraux (18.2%). Le nombre des participants de PMF a donc été le triple de l'assistance aux assemblées générales les plus nombreuses.

Au niveau de l'ensemble de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, parmi les 7473 participants, 75.8% jugent le blocage inacceptable, 18.1% ne sont pas d'accord avec cette affirmation et 6.1% n'ont pas souhaité se prononcer sur celle-ci.

La présidence appelle tous les acteurs de la communauté universitaire et en particulier les diverses organisations représentées dans ses instances à respecter cette expression claire de la volonté étudiante.
Pour sa part, elle s'attachera à la reprise des enseignements au centre Pierre Mendès France dans le respect du droit de grève.


Tous les centres de Paris I seront normalement ouverts demain, vendredi 16 novembre

La situation se débloque petit à petit donc, mais les rebondissements du conflit social qui semble se "défrontaliser" ne laisse pas présager d'une stabilité des réouvertures de fac, alors qu'en province d'autres facs se voient bloquées (toulouse, dijon, anger).

 PS: un groupe stopblocage est dispo sur facebook:http://www.facebook.com/group.php?gid=6442840508

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Mardi 13 novembre 2007
Alors que chacun savait que les CRS allaient intervenir à la fac ce mardi, une opération de blocage du batiment de droit de l'université de nanterre a eu lieu ce matin, mettant en scène une confrontation entre pro et antiblocage et crs qui s'est passée dans une violence rare.

plus d'info ici:
rue89.com/2007/11/13/nanterre-coups-de-matraque-sous-les-applaudissements

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Mardi 13 novembre 2007

Apres une journée mouvementée dans la plupart des facs qui laisse planer le doute sur la semaine qui vient, voila les dernieres nouvelles :

 

Nanterre : blocage voté à 100 voix d’écart (1500 pers en AG). Les CRS ont été envoyés à la demande d’Audéoud pour  assurer la sécurité du personnel de nanterre ( sympa pour les étudiants)

 

Tolbiac : une consultation internet est mise en place d’aujourd’hui à jeudi pour « donner son avis sur l’opportunité des blocages ». une AG aura quand meme lieu à 12H aujourd’hui

 

Panthéon sorbonne :AG à 14H

 

Rennes 2 : un vote a bulletin secret a donné  74% de voix contre les blocages… à méditer en regard des chiffres obtenus en AG… et Rennes 2 n’est pas la plus sage des facs…

Lille 3 est toujours bloquée

Et des manifestations anti blocage un peu partout qui s’organisent , à  perpignan par exemple.

Comme vous pouvez le voir, le mouvement est déjà freiné dans son ampleur par des réactions antiblocage fortes et assumées.

La semaine s’annonce difficile, tenez bon et montrez vous !

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Lundi 12 novembre 2007

Retour des blocages, retour de StopBlocage...

 

Vous avez été nombreux à nous contacter par mail depuis le début de la "grogne" étudiante, tels que sont qualifiées les grèves étudiantes en cours dans les médias, c'est pourquoi StopBlocage, en veille depuis juin 2006, reprend du service en revendiquant encore et toujours son apolitisme et sa non-affiliation syndicale.

 

La situation est sensiblement différente que celle du CPE, même si elle se traduit par les mêmes débordements et les mêmes privation de libertés par certains étudiants.

 

Il apparait cependant que l'UNEF, syndicat étudiant leader du mouvement anti-CPE se trouve dans une position délicate, puisque ses dirigeants, impliqués dans le processus d'élaboration de la LAU, se trouvent petit à petit débordés par la base qui elle, attend le mot d'ordre pour aller manifester avec les autres...

 

 

Ce qui nous donne plus de chance de se faire entendre qu’en 2006, c’est que la période du CPE est encore fraiche dans les mémoires et déjà, aux premiers jours de la grève, la question de la validité des AG et de l’opportunité des blocages se pose à tous. Cela inspire même crainte aux organisateurs d’AG qui n’ont qu’une crainte : que le débat sur les blocages occulte le débat sur la LAU.

 

Bien entendu, comme ce fut le cas concernant le CPE, StopBlocage ne donnera aucun avis sur l’opportunité de la loi, mais se concentrera sur le probleme des blocages d’universités.

 

Il ya 2 ans, nous avons réussi à mettre des bâtons dans les roues d’un système antidémocratique que sont les blocages et les AG. Aujourd’hui nous ne sommes plus considérés comme mineurs dans le débat.

 

Alors dans toutes les universités montez des collectifs contre les blocages ! montez des actions de déblocages ! et n’oubliez pas l’ultime leçon qui nous a valu et nous vaut toujours un crédit certain dans l’opinion publique :

 

NON POLITISE, NON SYNDIQUE, JUSTE CONTRE LES BLOCAGES !

 

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Vendredi 11 mai 2007
Pas de blocage à ce jour, mais des actions pour la semaine qui vient


Ils étaient plus de 500 rassemblés dans un amphi du batiment D  de Nanterre pour proposer aux étudiants une discussion sur les mesures du quinquennat Sarkozy.

l'AG s'est déroulée en deux temps:

une véritable AG ou il a été décidé de planifier une autre AG mercredi 16 mai à 11h30; et une manifestation partant de nanterre à 14h rassemblant des étudiants des autres universités et lycées.

apres l'AG, le noyau dur du mouvement a adopté d'autres options pour amplifier le mouvement, et notamment:

passage dans les amphis et dans les TD pour informer les étudiants jusqu'au 16, permanence tous les matins à 7h45.

Certains commentaire parlent de parano: nous nous contentons d'observer que le processus est cette année exactement le meme que l'année dernière, et qu'il s'inscrit dans un contexte qui n'est pas moins favorable que celui de l'année derniere.

Il faut ajouter que le passage dans les amphis, s'il est toléré par les professeurs et les chargés de TD en début ou en fin de cours, peut tout à fait etre constesté si il y a abus (intervention trop longue, ou trop véhémente, etc...)

Stopblocage ne s'oppose pas aux contestation et aux greves, mais à toute forme de blocage et à toute atteinte à la liberté de circuler et d'étudier.
par Collectif Stop Blocage -liberté d'étudier publié dans : stopblocage
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