Texte Libre

Bienvenue sur StopBlocage, le collectif étudiant de ceux qui veulent faire valoir leur droit à étudier et à aller et venir dans les Universités



Lundi 3 décembre 2007

Jeudi dernier, alors que le blocage avait été voté la veille, la ligne n’était pas en place à 7H55. Déçue, j’allais voir le petit groupe de bloqueurs inactif vers l’entrée afin de me renseigner sur les raisons de cette regrettable défaillance. « Nous ne sommes pas assez nombreux… » me répondit-on penaud.

Oh, désespoir ! Moi qui croyais les AG souveraines, moi qui pensais leur pouvoir législatif-exécutif sans sursis envisageable… Mais que sont les AG, alors ? Les bloqueurs n’ont donc pas le pouvoir absolu ? Les minorités n’ont pas raison de faire valoir la loi du plus fort ?

Pourquoi cette anecdote déchirante ? Pour encourager ceux qui sont encore bloqués : le mouvement touche à sa fin ! Les AG de plus en plus mornes : beaucoup moins de huées… parce que beaucoup moins de monde. Bonne occasion pour montrer à quel point ces rassemblements ne sont utiles qu’au service d’un mouvement destructeur dont les tenants, lorsqu’ils savent qu’ils ont perdu, perdent leur motivation pour gaspiller tant d’heures à « refaire » les lois. Ainsi, tout rentre progressivement dans l’ordre.

Mais après ? Lors de la prochaine contestation, les AG vont renaître, les bloqueurs voter le blocage…

Que faire ? Utiliser les institutions au service des étudiants pour passer des messages. Pourquoi ne pas faire entendre nos voix dans les conseils de nos universités ? Demandons à nos présidents soit une lutte sans merci contre des AG au pouvoir autoproclamé et manipulées par des minorités, soit l’encadrement de ces AG. En effet, si l’on ne peut (ou si l’on ne veut) les empêcher, le seul moyen d’en contrôler la dérive est d’en définir des statuts qui pourraient en annihiler les caractères subversifs. Les bloqueurs des AG leur donnent officiellement un rôle de forum de débat : donnons leur des cadres pour débattre… mais suffisamment stricts pour faire en sorte qu’ils ne puissent s’arroger de pouvoir « gouvernemental ». D’un point de vue pratique, cela aurait le mérite d’une part d’éviter qu’ils investissent les amphis au détriment des cours, d’autre part de monter que, hors période révolutionnaire, les bloqueurs sont beaucoup moins intéressés par le débat…

Dans tous les cas, pour la paix dans les universités il est nécessaire que nous nous engagions afin de faire en sorte de ne pas subir le poids de ces minorités hyperactives. Non seulement elles s’approprient le lieu public qu’est l’université1, mais en plus, elles utilisent cette première démarche tyrannique comme marchepied dans leur combat totalitaire contre les institutions démocratiques qui régulent la société française. 

Alors ne les laissons pas se renforcer par notre passivité, n’attendons pas la prochaine crise pour nous engager. C’est dès maintenant par une participation active à la vie commune que nous désamorçons les cycles révolutionnaires. Ça commence pour nous par le vote aux élections universitaires (et locales ou nationales) ; et ça se prolonge par notre participation à la vie publique dans les syndicats, associations, partis politiques…

Camarades (!), si nous le construisons, l’avenir nous appartient !

Par Collectif Stop Blocage -liberté d'étudier - Publié dans : stopblocage
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