Jeudi dernier, alors que le blocage avait été voté la veille, la ligne n’était pas en place à 7H55. Déçue, j’allais voir le petit groupe de bloqueurs inactif vers l’entrée afin de me renseigner sur les raisons de cette regrettable défaillance. « Nous ne sommes pas assez nombreux… » me répondit-on penaud.
Oh, désespoir ! Moi qui croyais les AG souveraines, moi qui pensais leur pouvoir législatif-exécutif sans sursis envisageable… Mais que sont les AG, alors ? Les bloqueurs n’ont donc pas le pouvoir absolu ? Les minorités n’ont pas raison de faire valoir la loi du plus fort ?
Pourquoi cette anecdote déchirante ? Pour encourager ceux qui sont encore bloqués : le mouvement touche à sa fin ! Les AG de plus en plus mornes : beaucoup moins de huées… parce que beaucoup moins de monde. Bonne occasion pour montrer à quel point ces rassemblements ne sont utiles qu’au service d’un mouvement destructeur dont les tenants, lorsqu’ils savent qu’ils ont perdu, perdent leur motivation pour gaspiller tant d’heures à « refaire » les lois. Ainsi, tout rentre progressivement dans l’ordre.
Mais après ? Lors de la prochaine contestation, les AG vont renaître, les bloqueurs voter le blocage…
Que faire ? Utiliser les institutions au service des étudiants pour passer des messages. Pourquoi ne pas faire entendre nos voix dans les conseils de nos universités ? Demandons à nos présidents soit une lutte sans merci contre des AG au pouvoir autoproclamé et manipulées par des minorités, soit l’encadrement de ces AG. En effet, si l’on ne peut (ou si l’on ne veut) les empêcher, le seul moyen d’en contrôler la dérive est d’en définir des statuts qui pourraient en annihiler les caractères subversifs. Les bloqueurs des AG leur donnent officiellement un rôle de forum de débat : donnons leur des cadres pour débattre… mais suffisamment stricts pour faire en sorte qu’ils ne puissent s’arroger de pouvoir « gouvernemental ». D’un point de vue pratique, cela aurait le mérite d’une part d’éviter qu’ils investissent les amphis au détriment des cours, d’autre part de monter que, hors période révolutionnaire, les bloqueurs sont beaucoup moins intéressés par le débat…
Dans tous les cas, pour la paix dans les universités il est nécessaire que nous nous engagions afin de faire en sorte de ne pas subir le poids de ces minorités hyperactives. Non seulement elles s’approprient le lieu public qu’est l’université1, mais en plus, elles utilisent cette première démarche tyrannique comme marchepied dans leur combat totalitaire contre les institutions démocratiques qui régulent la société française.
Alors ne les laissons pas se renforcer par notre passivité, n’attendons pas la prochaine crise pour nous engager. C’est dès maintenant par une participation active à la vie commune que nous désamorçons les cycles révolutionnaires. Ça commence pour nous par le vote aux élections universitaires (et locales ou nationales) ; et ça se prolonge par notre participation à la vie publique dans les syndicats, associations, partis politiques…
Camarades (!), si nous le construisons, l’avenir nous appartient !
Mais le problème est: comment?
Car contrairement à ce que vous indiquez dans le dernier article, non, le mouvement ne touche pas à sa fin dans toutes les universités ! Je suis étudiante à Lille III et bien que tous les journaux et toutes les radios aient annoncé hier la reprise et un déblocage total, il n\\\'en n\\\'est rien. Les bloqueurs ont désormais été rejoint par une communauté de profs et le "combat" continue. Notre semestre risque d\\\'être invalidé mais peu importe, il s\\\'agit pour eux à présent de se retourner contre le président, nouveau cheval de bataille. Oui, j\\\'ai bel et bien entendu à la dernière AG (si tant est qu\\\'on puisse la qualifier d\\\'AG puisqu\\\'elle a eu lieu dans un hall et que les trois quarts des personnes présentes ne pouvaient entendre un mot de ce qui se disait) qu\\\' "au fond, on est là pourquoi, pas pour abroger la LRU, enfin ... si euh, ça serait bien mais bon, on est là avant tout pour dire au président qu\\\'il n\\\'est pas tout puissant, que ce n\\\'est pas à lui de décider si l\\\'on reprend les cours ou non". Hé oui, ce méchant président avait eu l\\\'audace de faire venir profs et élèves à la fac la veille suite à un comuniqué de dernière minute, dans l\\\'espoir de remplir la fac à nouveau.
Bref, tout ça pour dire que je cherche des gens motivés à agir concrètement contre cette prise en otage de notre avenir. Nous pourrions dans un premier temps manifester et surtout, aller voter massivement contre le blocage car voila le problème: en réalité nous sommes bcp plus nombreux que les bloqueurs seulement eux sont unis, ils passent leurs journées à la fac ensemble tandis que la plupart d\\\'entre nous se disperse, nous rentrons chez nous pour ceux qui n\\\'habitent pas Lille, nous profitons de ce mois de "vacances" pour aller voir des amis etc en bref, nous ne nous connaissons pas et ne sommes pas unis. Si seulement nous trouvions le moyen de nous rassembler en masse et surtout de faire basculer les résultats de leurs votes soit-disant démocratiques, alors la tendance s\\\'inverserait peut-être.
Il s\\\'agit de solutions pacifiques mais j\\\'avoue être tellement désespérée ( parfois (hier,une heure de conversation avec un bloqueur m\\\'a achevée), que je me dis que la force serait plus efficace car après tout, n\\\'est-ce pas ce qu\\\'ils ont fait ? Enfin, n\\\'en venons pas là imédiatement et essyons d\\\'abord de résoudre la situation sans violence.
Alors, des intéressés pour des actions anti-blocage concrètes sur Lille ?
Qu'ils se retrouvent confrontés à des gens aussi déterminés qu'eux, et qu'ils se trouvent en situation de subir la volonté d'autres personnes déterminées à imposer leur point de vue par des actions démagogiques et autoritaires. Qu'ils se rendent compte qu'un mouvement, même majoritaire, peut-être illégal !
Je confirme, j'ai été dépasssée par mon optimisme et mon ras le bol... Le mouvement n'est pas fini à la Sorbonne non plus... Evidemment, ce sont les plus radicaux qui continuent, et eux, pour leur faire lacher l'os... faut s'accrocher...
Utilisez le référré auprès des tribunaux contre les bloqueurs, et faites en un max, il faut que tout le monde porte plainte!
Courage!
Bloquer les lycées, les facs, je sais que ca en fait chier pas mal, etant donné que la grande majorité des bloqueurs (en lycée en tout cas) ont, au fond d eux, un soulagement de ne pas aller en cours :)
Néanmoins, bloquer, c est faire chier, donc c est gueuler contre un gouvernement qui, petit a petit, prive, lui, réellement des libertés, (apres je n'ai pas fait attention a vos orientations politiques ,en fait ce n est pas important..)
Avant, (et toujours un peu maintenant), j'éprouvais une certaine gêne envers le blocage, parce que c'est vrai que quelqu un m empechant de beneficier d une institution gratuite, qui me permet de construire mon avenir (bref...l'école quoi!), ce n'est pas cool
C'est vrai, c'est pas cool
Néanmoins, personnellement (c est un point de vue subjectif, mais pour moi il me semble évident), je ne pense pas qu'on obtienne quoi que ce soit (en l occurence, éviter d'avoir moins de profs dans les écoles...C est important, comme cause, quand on aime tant l'école!) en manifestant bien sagement dans les rues; bloquer, c est mettre une petite épine dans le pied (c est gentillet comme acte de révolution ;) ) d un gouvernement qui mériterait de grandes tartes dans la gueule.
c est un acte a la fois symbolique, qui fout un tant soit peu le bordel, donc moyen d exercer une pression, faible, mais présente lorsque mouvement il y a, et c est aussi un acte de désobéissance civile accessible et simple, permettant quand meme de porter un message...
Et puis, entre le blocage pour le CPE ou celui de ce moment, je pense quand meme que c est des causes importantes, vu qu elles concernent l avenir des jeunes...
Serait-il envisageable de retirer la pétition qui vous aviez lancée contre le blocage des fac en 2006. Je ne suis pas certain de son degrés de pertinence aujourd'hui.
Merci
Répondez-moi s'il vous plait
sur ce,
A+ et que la lutte continue
merci d'avance de votre réponse,voici mon email
nicolaslhuissier@hotmail.com
Ceci était un communiqué de gens qui n'aiment pas ceux qui se prennent pas pour de la merde.
(laissez-moi deviner, vous appartenez à la fac de droit? socio? science-po? mouhahahaha)
J'ai manifesté contre le CPE , à chaque fois (pas manqué une seule manif), j'ai participé à leur organisation, la distribution de tracts. Et pourtant je ne comprends toujours pas la logique du blocage total. A la limite un "barrage" filtrant, mais un blocage "bête", je vois pas la raison.
Plutôt que de susciter des débats, chambouler le déroulement des cours en mettant la question de la dîte réforme régulièrement au milieu de la vie de la fac, le "mouvement" se contente de bloquer la fac, point barre. Rentrez tous chez vous, y'a rien à voir.
Réflexions ? zéro.
Projets ? zéro.
"Happening" ou performance originale ? nada.
Débats ? triple-zéro.
=> ça fait plus de 40 ans que les AG n'ont pas changées : une petite minorité qui s'amuse à la fausse démocratie du genre "j'ouvre ma gueule bien fort donc c'est démocratique" (désir de brailler, *humpf*), des fils à papa qui sont sûr d'avoir un boulot et la maison en héritage plus tard, quasiment jamais on y voit ceux qui galèrent vraiment, car ceux là doivent avoir leur diplôme, et ne vont pas risquer un blocage outrancier (ils vous remercient d'ailleurs).
De la lecture de poésie lycéenne, à un récemment-illuminé fan de marx achetant les marques de vêtement du parfait "rebelz-au-sticker-Che", on en arrive même à avoir des "je t'aime julie" au micro : on se croirait chez TF1, une bande d'ado en pleine récré.
De tous les témoignages que j'ai pu entendre (amis, étudiants, proches, forums), de toutes les AG auxquelles j'ai pu assister, je n'ai quasiment jamais rien vu de fait, de produit, d'utile au "mouvement", suite au blocage.
Seuls effets :
- des vacances pour les étudiants flemmards (très nombreux),
- l'effet euphorique "ho ho on occupe la fac houla la" pour ceux "qui font de la politique super-engagée" (la minorité qui va aux AG),
- et une très belle excuse pour le gouvernement pour ne pas bouger d'un poil, en se positionnant en victime "regardez, ils bloquent les facs, empêchent les bons étudiants de travailler et refusent toute négociation, on ".
=> Leurs mensonges (ex : refus des débats/négociations) passent bien mieux avec des facs bloquées qu'avec de vrais protestations.
Mais c'est si facile de bloquer la fac et exciter une foule en AG, on se sent vivre, c'est le grand retour mai 68, le Grand Soir et tout le tintouin...