Un mouvement de protestation monte dans plusieurs Universités françaises. Ce n'est pas directement lié au thème annoncé par le titre de ce blog ; mais ce n'est pas, non plus, complètement étranger, et c'est un sujet qui me tient à coeur. J'ai en effet enseigné quatre ans en fac d'histoire, tout en y étant inscrit comme doctorant ; ce double titre me permettait d'avoir des échanges avec les étudiants comme avec les professeurs (même si les premiers me craignaient et que la plupart des seconds ne m'accordaient aucune importance). J'ai ainsi assisté des premières loges à plusieurs périodes d'agitation estudiantine.
salut platon
on ne parle pas de la LRU car là n'est pas la question ici. on ne parle que des blocages.
d'autre part, beaucoup de verbiages pour dire que tu n'es pas d'accord avec le point de vue de l'article...et enfin l'auteur de l'article n'est pas membre de stopblocage.
Les commentaires sont là pour commenter, n\\\'est-il pas ?
Mon commentaire se limitait donc à commenter l\\\'article du professeur Phèdre (factice?) que je juge (et il n\\\'en tient qu\\\'à moi) médiocre, outrancier et réactionnaire.
Je m\\\'en tape, moi, que Phèdre ne fasse pas partie de votre ligue, le fait est qu\\\'il est l\\\'auteur d\\\'un article assez conséquent de votre site, article d\\\'ailleurs bien plus "pourparlant" que mon commentaire.
Les collectifs éclairés dont tu parles, Charles, existent bel et bien, et ils n\\\'attendent que toi pour foutre la merde. Je te laisse le soin de les dénicher, mais t\\\'en cite tout de même un : ATTAC (qui n\\\'a pas pour vocation de foutre la merde, mais qui organise des discussions autour de thèmes sociétaux, économiques, mais pas politiques, majeurs, et qui commence à acquérir une force de proposition bien moins limitée que vos "stoppons les blocages!"). Et si tu aimes les mouvements alternatifs « intelligents », interesse-toi aux actions de Kenny Arkana (même si, comme moi tu n\\\'apprécie pas sa musique), dont elle parle ici http://www.lehiphop.com/interviews/itw106-par_pamsiste.html
D\\\'autre part, je te trouve pour le coup aussi méprisant que ton copain professeur, quand tu parles des étudiants mobilisés. Au lieu d\\\'user et d\\\'abuser de périphrases à la sauce JT 20h sur TF1 ("minorite peu éclairée (c\\\'est un euphémisme)", "ces pseudo-révolutionnaires dénués de toute forme de courage ou de force de proposition", "je n\\\'ai jamais perçu le moindre signe d\\\'intelligence parmis les bloqueurs", "les débats en AG respirent la médiocrité et la monotonie."), expose-nous donc ta conception de l\\\'engagement, puis des droits et acquis sociaux, et enfin de la légimité qu\\\'un gouvernement peut avoir à les restreindre. Parce que tu sais, je fais partie des bloqueurs, ainsi que mes amis, ma copine, mes frangins, et te voir dénigrer mes proches par les mêmes mots que ceux des élus ne m\\\'aide pas à concevoir le collectif que tu représente comme non-réactionnaire, ou tout simplement digne d\\\'intérêt.
D\\\'autant que tu as l\\\'air de hiérarchiser les gens, pour ce qu\\\'il s\\\'agit de leur crédibilité, selon des critères qui t\\\'échappent. En effet, si tu trouves les AG médiocres et monotones, il n\\\'en tient qu\\\'à toi de contribuer à leur renouveau, pourquoi pas d\\\'en organiser avec tes amis, et d\\\'y foutre le feu (puisque la distraction a l\\\'air au moins aussi importante pour toi que la validité du débat) ! Lorsque tu seras en capacité de représenter une cause devant une foule de gens qui ne pensent pas tous comme toi, de mener un débat pendant plusieurs heures et de parvenir à un accord commun quant aux modalités d\\\'action, tu prendras peut-être du recul sur l\\\'image préconçue du leader-minoritaire-d\\\'extrème-gauche, image que tu as gobée aussi vite que le discours de Phèdre, comme un verre de grenadine. Car je ne suis ni leader, ni minoritaire, ni lié à un parti, ni syndiqué, et pourtant je suis bloqueur, non pas pour faire ton bonheur malgré toi, mais parce que je considère les seules manifestations comme inefficaces, et le blocage intéressant car permettant d\\\'une part aux boursiers de le rester tout en manquant des cours, et d\\\'autre part à l\\\'ensemble des étudiants de plusieurs fac ( en l\\\'occurence aujourd\\\'hui d\\\'une bonne quarantaine) d\\\'être mobilisés en continu pour les manifestations, les pétitions, le tractage, les discussions (plus importantes que les débats puisque menant à des accords et non des vainqueurs), et tous les modes d\\\'actions contribuant à l\\\'amplification d\\\'un mouvement, à son poids médiatique (et donc politique). Je ne m\\\'étendrais pas sur le sujet car je suis convaincu que tu as sous la main des tonnes d\\\'arguments tous cuits, à la sauce UMP, prêts à dévorer tout cru la moindre de mes idées.
J\\\'aimerais, pour finir, revenir sur ceci : " je n\\\'ai jamais perçu le moindre signe d\\\'intelligence parmis les bloqueurs". Tu dois être fin psychologue, toi Charles, pour établir en moins de temps qu\\\'il ne faut pour le dire un nouveau groupe social, le "bloqueur" et lui attribuer une étiquette cognitive quantitative. Toi, Charles, tu peux juger du haut de tes petits acquis de l\\\'intelligence de tel ou tel quidam ? Qu\\\'en est-il alors de celle des cheminots qui font grève ? De celle des infirmières qui protestent ? Des gendarmes qui s\\\'insurgent ? Alors, qui est le plus intelligent ? L\\\'infirmière ou le gendarme ? Le cheminot ou l\\\'étudiant ? J\\\'espère que tu n\\\'auras pas de réponse à me fournir, et que tu te préoccuperas d\\\'abord de soigner ta propre façade intellectuelle (ce qui te permettra peut-etre d\\\'éviter des barbarismes comme "discrédibilisé", ce qui te DISCREDITE autant que le prétendu manque d\\\'intelligence des bloqueurs).
Car oui, Charles, quant on fait preuve d\\\'un tel mépris, il faut être soi-même irréprochable, sans quoi tu risques de te mettre dans de bien délicates situations.
Cher Monsieur Platon,
Je vous remercie de votre long commentaire, même si je dois avouer que je n'y ai pas compris grand'chose. Que peut bien signifier une phrase comme : "Le pire est ce sentiment de gloire ressenti par ceux qui "bravent" le blocus, qui (dois-je le rappeller) a été voté, comme s'ils pouvaient l'espace d'un instant sentir au bout de leur doigt la force obscure de la résistance si vantée par papy, cet engagement libertin qui viendrait les dépuceler de leur patriotisme aveugle s'ils s'aventuraient à trop regarder sous sa jupe, cette proximité soudaine et coquine avec l'érection populaire les conforme dans leur impuissance, et c'est de ça qu'ils jouissent" ? Il y a certainement des modules d'exégèse du discours divagant en L2 de psychologie, mais étant historien, je ne les ai pas suivis.
Pour répondre clairement aux rares points de votre contribution dont je sois parvenu à saisir le sens :
-vous êtes en L2 et vous avez quelques engagements associatifs ; j'ai été étudiant huit ans, j'ai enseigné dans deux facultés d'histoire (Nantes puis Dijon), et je travaille depuis trois ans dans un collège de Seine-Saint-Denis -comme je vous invite à venir le découvrir sur mon blog aucollege.over-blog.fr. Il est donc évident que nous n'avons pas tout à fait la même expérience de l'Université française ni du monde social en général. Je me demande même pourquoi je me fends d'une réponse. Mais je suis bon.
-le blocus n'a aucunement été voté : il est imposé par 2 % des étudiants à l'ensemble de leurs collègues. Si, par "vote", vous voulez désigner les mascarades qui ont lieu lors des sinistres AG, votre conception de la démocratie laisse autant à désirer que celle des nervis qui, à Rennes 2, se sont opposés avec des barres de fer à la réouverture des locaux, décidée à une écrasante majorité par un vrai vote -je veux dire à bulletins secrets.
-vous définissez ainsi les facultés de lettres et sciences humaines : "Des fillières qui ne contribueront pas, en effet, au prestige financier et à la "saine" concurrence des nos universités, des filières qui ne professionnalisent pas, mais qui développent en nous maturité, connaissances, recul sur le monde, esprit critique, adaptation au milieu, à l'autre, nous fournissant par là les outils intellectuels pour faire face par exemple à de fins rhétoriciens comme Phèdre", etc. En gros, ce sont des filères où les inscrits se font plaisir, ce qui explique qu'ils aient tant de temps de reste pour faire de l'agitprop. Il est par ailleurs parfaitement légitime de chercher à se faire plaisir, quand on est jeune -comme d'ailleurs à tout âge. Mais je préférerais que les joyeux hédonistes financent eux-mêmes leurs loisirs, plutôt que de solliciter la générosité de l'Etat. Sans doute n'avons-nous pas au demeurant le même point de vue sur la question. Moi, je paie des impôts. Et vous ?
-Il me semble légitime et salutaire que les présidents de quelques Universités se soient enfin, ENFIN ! décidés à solliciter l'intervention des forces de police pour expulser les étudiants en lu-lutte. Ces blocages sont en effet illégitimes et illégaux, et ceux qui y participent ne méritent pas d'autre nom que celui de délinquants. L'intervention des CRS à Nanterre et ailleurs ne fait que rétablir l'ordre de l'Etat de droit. Et ne me dites pas que les victimes de l'horrible répression n'ont pas cherché et espéré la palme du martyre.
Voilà. Ma réponse est brève, et j'espère que vous voudrez bien m'en excuser ; mais dépouillée de son enflure verbeuse, votre commentaire tiendrait en un court paragraphe.
Bien à vous.
Génial !
C'est la meilleure analyse sur les blocages universitaires que j'ai lu.
Je suis étudiante en histoire également à Rennes II .. , vous enseignez où ?
Agnès
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