Jeudi dernier, alors que le blocage avait été voté la veille, la ligne n’était pas en place à 7H55. Déçue, j’allais voir le petit groupe de bloqueurs inactif vers l’entrée afin de me renseigner sur les raisons de cette regrettable défaillance. « Nous ne sommes pas assez nombreux… » me répondit-on penaud.
Oh, désespoir ! Moi qui croyais les AG souveraines, moi qui pensais leur pouvoir législatif-exécutif sans sursis envisageable… Mais que sont les AG, alors ? Les bloqueurs n’ont donc pas le pouvoir absolu ? Les minorités n’ont pas raison de faire valoir la loi du plus fort ?
Pourquoi cette anecdote déchirante ? Pour encourager ceux qui sont encore bloqués : le mouvement touche à sa fin ! Les AG de plus en plus mornes : beaucoup moins de huées… parce que beaucoup moins de monde. Bonne occasion pour montrer à quel point ces rassemblements ne sont utiles qu’au service d’un mouvement destructeur dont les tenants, lorsqu’ils savent qu’ils ont perdu, perdent leur motivation pour gaspiller tant d’heures à « refaire » les lois. Ainsi, tout rentre progressivement dans l’ordre.
Mais après ? Lors de la prochaine contestation, les AG vont renaître, les bloqueurs voter le blocage…
Que faire ? Utiliser les institutions au service des étudiants pour passer des messages. Pourquoi ne pas faire entendre nos voix dans les conseils de nos universités ? Demandons à nos présidents soit une lutte sans merci contre des AG au pouvoir autoproclamé et manipulées par des minorités, soit l’encadrement de ces AG. En effet, si l’on ne peut (ou si l’on ne veut) les empêcher, le seul moyen d’en contrôler la dérive est d’en définir des statuts qui pourraient en annihiler les caractères subversifs. Les bloqueurs des AG leur donnent officiellement un rôle de forum de débat : donnons leur des cadres pour débattre… mais suffisamment stricts pour faire en sorte qu’ils ne puissent s’arroger de pouvoir « gouvernemental ». D’un point de vue pratique, cela aurait le mérite d’une part d’éviter qu’ils investissent les amphis au détriment des cours, d’autre part de monter que, hors période révolutionnaire, les bloqueurs sont beaucoup moins intéressés par le débat…
Dans tous les cas, pour la paix dans les universités il est nécessaire que nous nous engagions afin de faire en sorte de ne pas subir le poids de ces minorités hyperactives. Non seulement elles s’approprient le lieu public qu’est l’université1, mais en plus, elles utilisent cette première démarche tyrannique comme marchepied dans leur combat totalitaire contre les institutions démocratiques qui régulent la société française.
Alors ne les laissons pas se renforcer par notre passivité, n’attendons pas la prochaine crise pour nous engager. C’est dès maintenant par une participation active à la vie commune que nous désamorçons les cycles révolutionnaires. Ça commence pour nous par le vote aux élections universitaires (et locales ou nationales) ; et ça se prolonge par notre participation à la vie publique dans les syndicats, associations, partis politiques…
Camarades (!), si nous le construisons, l’avenir nous appartient !
Plus ça change et plus c’est la même chose… On peut observer quelques évolutions dans le mouvement totalitaire qui s’est abattu sur nos universités, mais aussi certaines permanences dues à la logique de nos révolutionnaires à la petite semaine (des quatre jeudis). Elles sont intéressantes car nous arrivons à un stade où l’engrenage amorcé les amène vers une plus grande radicalisation.
Pourquoi fonctionne-t-il ? Parce que nos bloqueurs se retrouvent secondés par les vigiles qui font le tri à leur place afin d’éviter les débordements. Technique de l’autruche… qui fonctionne tellement bien que
Ce système était, peut-être plus encore que le blocage total, un moyen de faire monter la pression. D’une part, nos révolutionnaires veulent s’imposer, d’autre part ils ne répugnent pas à s’ériger en martyres de la cause. S’ils prennent un coup, c’est dans l’exercice légitime de leur droit de grève qui fait suite à une décision votée en AG, démocratiquement, donc ; cela va sans dire. Ils les chercheraient presque… Car ils doivent subir la répression… Les pauvres enfants ! Ils sont surveillés par les « chiens de Pétain (sic !)[2]» ; ce qui est absolument antidémocratique. Je dirais même la marque du totalitarisme du gouvernement Sarkozy qui cherche à imposer la dictature du capital. Dans tous les cas, le blocage est la ligne de conduite dégagée par les coordinations des pseudo-AG. En voici une justification, éditée sur un abominable tract vert-fluo : « Seule la non-tenue des cours peut permettre aux étudiants de s’engager pleinement sans crainte d’être pénalisés. » Quel égoïsme ! Il me semble que cela ne mérite même pas de commentaire : je m’engage, il ne faut pas que cela me nuise, alors pour l’éviter, nuisons à la société. Quel engagement ne pénalise pas ? Les plus riches d’entre eux ne sont-ils pas souvent ceux qui demandent temps et énergie[3] ?
En outre,« L’organisation du mouvement nécessite l’accès à des locaux pour nous réunir et débattre et il est par conséquent normal de revendiquer la réappropriation des locaux universitaires, lieux qui nous sont destinés et qui constituent nos lieux de travail. »
La réappropriation ? Les locaux universitaires sont la propriété de l’Etat, par là de TOUS les citoyens. C’est l’administration qui les déferre à telle ou telle fonction. Les amphis universitaires sont destinés à l’enseignement ! Et justement, s’ils sont des lieux de travail, ce ne sont pas des lieux de propagande politique !
Et en ce qui concerne l’occupation des lieux, justement, il est à noter que non seulement nos bloqueurs veulent bloquer, mais ils revendiquent de façon de plus en plus unanime l’occupation des lieux[4]. Il est difficile de savoir exactement de quoi il s’agit. Il semblerait qu’ils seraient à la faculté de jour comme de nuit (leur zèle est sans limite…) afin de tenir des lieux de dialogue et de communication… Comme auparavant le blocage allait de soi, de plus en plus, l’occupation semble un moyen essentiel pour eux.
Dans tous les cas, le vote en AG leur donne tous les droits puisque « nos AG sont très démocratiques. Et là-dessus, y’a plus de débat possible.[5] » Pourtant, nos « AGistes » veulent faire reconnaître la validité de leurs AG par les administrations. Se seraient-ils rendu compte qu’ils ne représentent qu’eux-mêmes, ne sont délégués par aucun mandat et refusent tout ce qui s’apparenterait à une gestion légale des conflits sociaux[6] ?
Ils veulent notre bien, disent-ils. C’est fort gentil à eux, mais je ne doute pas que monsieur Hitler voulait le bien des Germains et monsieur Staline celui des Russes. Seulement, ils ont oublié de leur demander leur avis… Ceci n’est pas une simple provocation car ce mouvement laisse poindre certains aspects totalitaires. Les régimes totalitaires sont des régimes policiers. Nous avons affaire à un mouvement qui trie les personnes qui ont droit ou non d’accéder aux locaux de l’université. On y voit aussi un régime de censure puissant puisque, que les étudiants le veulent ou non, ils sont contraints de « débattre » sur les sujets qui préoccupent nos activistes. « Si vous n’allez pas en AG, ne vous plaignez pas qu’on y vote le blocage. » Il est interdit d’avoir d’autres centres d’intérêts que les leurs. En outre, ils s’établissent par la propagande. Et voila le discours que l’on nous tient : « On se bat pour vous… et si vous êtes contre nous, vous êtes des ennemis de l’humanité. Et d’ailleurs, qui n’est pas avec nous est contre nous[7]. Et nous pouvons utiliser tous les biais possibles car notre objectif (seul) est bon. » La fin qui justifie les moyens… Un principe dangereux. Il peut justifier les pires dérives.
Elle justifie, entre autres, la mobilisation des lycéens. Une fois de plus, comment ne pas s’élever devant la manipulation des adolescents (par d’autres adolescents pas beaucoup plus grands) dont la conscience politique reste assez limitée. A chaque âge ses responsabilités. Laissons-leur le temps de se construire avant de les embrigader !
En conclusion, il est important d’insister sur les procédés insidieux utilisés qui, plus que jamais devraient pousser tous les défenseurs de la démocratie à s’élever contre les moyens employés par ce mouvement. D’abord parce qu’il cherche à se présenter comme démocrate alors qu’il est un flagrant déni de démocratie aux actions profondément tyrannique.
Ensuite parce que ces apparences qu’ils se donnent ont un effet efficacement lénifiant sur ceux qui subissent leur oppression. Ce blocage filtrant : même si la colère gronde, la majorité des étudiants se contentent d’aller en cours et se disent que ça pourrait être pire. Mais bon sang ! Il est inadmissible que des étudiants puissent établir des contrôles d’identité à l’entrée de la fac pour en autoriser ou non l’entrée à leurs camarades[8] !
Ensuite cette justification par leur droit de grève, leur droit d’appliquer les décisions de leurs AG. Ils vous entretiennent de cela avec un gentil air de chien qu’on a battu et qu’on risque de rebattre bientôt… Et ils sont absolument surs de leur innocence. Et si on n’est pas content, on n’avait qu’à voter contre. Ils font en sorte (procédé classique) d’empêcher toute dissociation de leur combat politique et de leurs blocages… Or, l’arène politique n’est pas l’université. Dans une démocratie, ce sont les urnes… ou au pire la rue avec les manifestations. Il faut aussi refuser d’entrer dans l’optique de « convergence des luttes. » Il me semble important de dissocier les grèves qui sont en train de prendre fin d’avec les blocages d’universités. Les cheminots, salariés, ont le droit de grève. Il n’est écrit nulle part dans la constitution que les étudiants ont le droit de blocage. Les désagréments sont peut-être concomitants mais les principes qui érigent l’action estudiantine sont, eux, néfastes pour la perpétuation de la démocratie.
Enfin, si l’Etat réussit à ramener l’ordre, espérons que ce ne soit pas en donnant raison à ces dénis des institutions républicaines car ils en sapent les fondements et pourraient servir de jurisprudence pour les générations à venir.
[1]Merci ! C’est beau la « solidarité »… Et merci pour les licences qui, à leurs yeux, ne représentent donc rien…
[2] Gendarmes mobiles qui assurent la protection de
[3] Et cela n’a pas de valeur, ne se compte pas, ne se négocie pas… C’est simplement gratuit…
[4] Soutenus par certains enseignants qui viennent la revendiquer en AG…
[5] D’après un grand orateur en AG… qui n’a pas tout à fait la même vision de la démocratie que moi. Je ne reviendrai pas sur l’auto-désignation d’une tribune, la promulgation d’un ordre du jour non concerté (enfin, sauf par les meneurs du mouvement), le vote à main levée, les votes recommencés « parce qu’on a mal vu » ou simplement parce que ça grogne un peu fort dans la salle…
[6] Dont le minimum serait la négociation… qu’ils récusent sans discussion.
[7] Noté en AG : Aux gens qui disent « j’ai envie d’aller en cours, je m’en fous de
[8] Je ne suis pas certaine que le mot soit bien approprié ici…
Un mouvement de protestation monte dans plusieurs Universités françaises. Ce n'est pas directement lié au thème annoncé par le titre de ce blog ; mais ce n'est pas, non plus, complètement étranger, et c'est un sujet qui me tient à coeur. J'ai en effet enseigné quatre ans en fac d'histoire, tout en y étant inscrit comme doctorant ; ce double titre me permettait d'avoir des échanges avec les étudiants comme avec les professeurs (même si les premiers me craignaient et que la plupart des seconds ne m'accordaient aucune importance). J'ai ainsi assisté des premières loges à plusieurs périodes d'agitation estudiantine.
L’AG du jeudi 15 novembre à la Sorbonne a commencé dans une anarchie sans nom. Ils ont encore réussi à me surprendre ! Moi qui croyait avoir tout vu… Il n’y avait pas de micro. Nous avons donc assisté à la controverse sur « faut-il poursuivre ou non »1… Amusant.
Je vous passe le vote de la tribune, de l’ordre du jour… Sans surprises. Je crois que je vais aussi esquiver le compte rendu des débats qui n’ont rien apporté de bien nouveau, pas même le plaisir de voir l’AG siffler des représentants de l’UNEF…
Quelques sujets hors la loi Pécresse : les blocages d’ailleurs, la surveillance policière et la violence des CRS, les manipulations du gouvernement qui veut monter les étudiants les uns contre les autres afin de diviser le mouvement par des moyens insidieux2…
Je ne m’étendrai pas sur les prises de bec concernant la clôture des listes d’intervenants pour chaque point de l’ordre du jour, les « vous nous volez notre AG !3 » lorsqu’un UNEF propose la négociation…
Puis, nouvelle situation réjouissante : le micro arrive. AAAHHHH ! Enfin ! (Il est vrai qu’on n’entendait rien…) Accompagné du commentaire de « l’autorité tribunale » : « C’est les gens de la sécu qui ont insisté pour qu’on ait un micro, alors no casse, hein !4 » complété par « on a eu le micro parce qu’on a fait pression à l’administration, on a expliqué que ça allait déborder sin on n’avait pas de micro… »5
Après une altercation assez violente vers et sur la tribune au moment de voter les « décisions » parce qu’il y avait controverse sur le déroulement de la suite de l’AG6 (ne valait-il pas mieux parler avant d’une délégation à la « coordination nationale » ?) on décide de voter pour savoir si on vote les décisions (si !). Résultat positif.
Ont été votées les motions suivantes :
Après cela, je suis restée un peu pour leurs mandats à la « coordination ». Pas jusqu’au bout, mon sens de l’humour a des limites…(Et puis… ah oui, c’est vrai, j’ai des concours en fin d’année… Ben oui, je ne pense qu’à moi, je pourrais les laisser bloquer quand même…) C’est fatiguant à force. En gros, ils étaient d’accord pour un mandat impératif, ce qui vaut mieux vu l’extrême largeur de l’éventail de leurs opinions et revendications. Mais du coup, cela pose encore plus la question, nonobstant l’illégitimité de leur action, de son efficacité. Ils n’auront jamais pu se mettre d’accord sur des revendications précises. Je me demande à quel point ils ont pu faire des concessions puisqu’ils sont contre toute négociation. Le communiqué de la « coordination » nous en informera…
Au nom de quoi un groupuscule autoproclamé peut-il se faire maître d’une assemblée sans légitimité ? Comment se constitue ce « jury populaire », qui en sont les membres réglementaires ? Qui a voté les constitutions établissant de telles instances ? Quelle légitimité accorder à une bande de jeunes réunis de façon désordonnée dans un amphithéâtre (historique) envahi par effraction[1] ? Sur quelle base juridique les « étudiants » organisent-ils de telles assemblées ? Quelles sont les institutions qui en réglementent le déroulement, la gestion, la participation et la prise de décision ? Qu’est-ce qui donne ne serait-ce qu’une once de légitimité au vote d’une assemblée générale qui, finalement, pourrait se résumer à un grand cirque où chaque tribun peut publiquement étaler ses revendications politiques dans une grande foire aux mécontentements.
Mais l’étudiant n’est pas dans l’arène politique. Comme l’indique son nom, il est là pour se former et se préparer à entre dans la vie active. Alors comment ne pas être effondré en entendant des revendications de « faire ce que j’aime » et surtout ne pas devenir « de la chair à patrons ». Non, l’université n’est pas avant tout un lieu de démocratie, elle est un lieu d’étude. Elle n’est pas un lieu où l’on est salarié mais un service public assuré par l’Etat. La richesse qu’on y reçoit n’est pas matérielle mais avant tout spirituelle. Mais une formation de haut vol se mérite. On ne peut laisser toute la jeunesse passer des années dans des études théoriques qui, au final, ne lui offriront aucun débouché. Tout le monde ne peut pas être chercheur. Cela demande une sélection.
Et pourtant…
Permettez-moi de partager avec vous l’expérience de l’assemblée générale du 13 novembre qui est, me semble-t-il, fort instructive.
Pur mauvais esprit : outre la porte cassée, la ponctualité n’était pas au rendez-vous. Moi non plus. Je suis arrivée en retard et ai raté certains épisodes. Je pense tout de même avoir pu recueillir la substantifique moelle de ces « débats ».
Je tiens à noter les efforts du « maître de la tribune » (si je puis me permettre) pour qu’on ne hue pas trop ceux qui n’allaient pas dans le sens révolutionnaire prescrit par la majorité. L’apparence, en effet, joue un rôle fondamental. Il faut absolument (se) donner l’impression d’une véritable démocratie. D’ailleurs, la seule véritable : la démocratie directe. Lorsque plusieurs fois le principe d’un vote à bulletin secret a été réclamé, le grand argument contre, outre la difficulté de faire voter tous les étudiants de
On notera aussi la propagande (pas si bien efficace que ça, à mon grand dam) sur les CRS présents autour de la fac « pour empêcher le bon déroulement de l’AG. » Ce genre d’information accompagnée de remarques alarmistes est distillée savamment à mesure qu’approche le moment crucial où seront votés grève et blocage. Grève et blocage qui, bien entendu, ne sont pas un sujet qu’on a prévu de traiter en AG. Dans la même ligne, on nous annonçait progressivement les AG d’autres universités qui avaient voté le blocage.
Quand au respect d’un ordre du jour… Il fut sévère pour une demoiselle qui voulait parler des méfaits du blocage… puis totalement oublié dans une soudaine amnésie générale lorsque des entre-actes furent offerts par une militante pour les sans papiers, une squatteuse d’immeubles publics ou des lecteurs de communiqués révolutionnaires.
L’AG a donc voté[3] :
Dans la case perspective (car, non, les votes n’étaient pas achevés…) Nous avons ensuite voté la grève immédiate et reconductible avec piquets de grève. Il s’agit donc de bloquer la fac. Rendez-vous est donné demain 7H30 pour les piquets et ceux qui ont voté le blocage se sont par là-même engagés à tenir ces piquets. (Appels désespérés de la tribune qui voit tous les étudiants exaspérés de la durée des « débats » s’en aller, quel qu’ait été leur vote)
Il s’agissait de débrayer les TD (dommage, l’administration a fait cesser les cours vers 16H. En revanche, il faut voir s’il n’y a pas des salles ouvertes pour y récupérer tables et chaises.
Dans la pagaille a été votée une prochaine AG jeudi et l’occupation immédiate de
Et j’ai voté. Pourquoi ? J’ai cautionné ces manières de faire anti-démocratiques et illégales. Mais face à une minorité prête à agir quoi qu’il arrive, quel moyen reste-t-il à l’étudiant lambda pour faire entendre sa voix ? Les média eux-mêmes légitiment les AG : ils en rendent des comptes réguliers dans les informations quotidiennes. L’assemblée générale a voté le blocage à Nanterre par 720 voix contre 650… Mais qu’est ce que ces chiffres ? Comment compter tant de mains en si peu de temps (comptage que, sauf forte participation des deux côtés, un coup d’œil même pas circulaire sur l’amphi suffit à déterminer.) ? Et quel poids ont ces quelques activistes révolutionnaires face à la légalité et à la continuité du service public ?
Après une sortie d’une petite demi-heure, je suis repassée à l’amphi. Voila que nos fiers révolutionnaires dissertaient, quelque peu inquiets, sur la manière de se comporter lorsque les CRS viendraient les reconduire chez Papa-Maman. « Nous sortirons en groupe serré pour qu’ils ne nous arrêtent pas… » La discussion s’est soldée dans le soulagement général par la proposition de rejoindre les cheminots gare d’Austerlitz, ce qui sera beaucoup plus efficace. Un blocage était utile au début du mouvement pour attirer l’attention. Maintenant, c’est fait. Ainsi nos don quichotte ont-ils voté à 35 voix contre 27 qu’ils allaient lever le camp…
Il me reste quelques questions : comment financent-ils leurs banderoles et actions en tous genres (tracts…) ? Qui a été le greffier assermenté de cette AG ? Avec quoi pourrez-vous comparer mon compte rendu pour vérifier que je ne vous manipule pas ? Il ne vous reste plus qu’à me faire confiance… Ou à eux.
[1] Une porte de l’amphi richelieu a été brisée au début de l’AG du mardi 13 septembre. « Mais c’était un accident », a répondu le tribun à un étudiant qui faisait remarquer que ce n’était pas le meilleur moyen d’être crédible. Je me permettrai une question : qui va financer le remplacement du battant détérioré ? La hausse des crédits aux universités ?
[2] « SVP, levez bien haut les mains, je ne vois pas très bien »
[3] Et tout le monde participe, il ya même une catégorie « ne prend pas part au vote » pour laquelle il faut lever la main. C’est beau la démocratie lorsque ça permet ainsi à tout le monde de s’exprimer…
[4] J’avoue avoir mal au cœur d’être obligée de me compter comme responsable de ces votes auxquels j’ai assisté et, sur certains points cruciaux, participé.
[5] Il s’agirait d’un projet de délocalisation Porte de
Le flou persiste quand au blocages des universités, si quelques unes d'entres elles sont fermées administrativement de façon ponctuelle à chaque débordement(tolbiac, la sorbonne), d'autres vivent des affrontements violents entre bloqueurs et forces de police (nanterre, la sorbonne), d'autre encore voient le résultat de vote éléctronique contestés par les bloqueurs.
à la sorbonne cependant, voici les résultats de la consultation éléctronique qui a eu lieu entre mardi et jeudi:
Le nombre de participants a été au total de 7473 (sur 29869 étudiants ayant actuellement achevé leur procédure d'inscription ) dont 3962 sur les 7735 étudiants dont les formations sont localisées au centre Pierre Mendès France (tolbiac).
Le taux de participation s'élève ainsi à 25% pour l'ensemble de l'université et à 51.2% pour le centre Pierre Mendès France, soit pour ce site, près de trois fois le taux de participation aux dernières élections des représentants étudiants aux conseils centraux (18.2%). Le nombre des participants de PMF a donc été le triple de l'assistance aux assemblées générales les plus nombreuses.
Au niveau de l'ensemble de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, parmi les 7473 participants, 75.8% jugent le blocage inacceptable, 18.1% ne sont pas d'accord avec cette affirmation et 6.1% n'ont pas souhaité se prononcer sur celle-ci.
La présidence appelle tous les acteurs de la communauté universitaire et en particulier les diverses organisations représentées dans ses instances à respecter cette expression claire de la volonté étudiante.
Pour sa part, elle s'attachera à la reprise des enseignements au centre Pierre Mendès France dans le respect du droit de grève.
Tous les centres de Paris I seront normalement ouverts demain, vendredi 16 novembre
La situation se débloque petit à petit donc, mais les rebondissements du conflit social qui semble se "défrontaliser" ne laisse pas présager d'une stabilité des réouvertures de fac, alors qu'en province d'autres facs se voient bloquées (toulouse, dijon, anger).
PS: un groupe stopblocage est dispo sur facebook:http://www.facebook.com/group.php?gid=6442840508
Apres une journée mouvementée dans la plupart des facs qui laisse planer le doute sur la semaine qui vient, voila les dernieres nouvelles :
Nanterre : blocage voté à 100 voix d’écart (1500 pers en AG). Les CRS ont été envoyés à la demande d’Audéoud pour assurer la sécurité du personnel de nanterre ( sympa pour les étudiants)
Tolbiac : une consultation internet est mise en place d’aujourd’hui à jeudi pour « donner son avis sur l’opportunité des blocages ». une AG aura quand meme lieu à 12H aujourd’hui
Panthéon sorbonne :AG à 14H
Rennes 2 : un vote a bulletin secret a donné 74% de voix contre les blocages… à méditer en regard des chiffres obtenus en AG… et Rennes 2 n’est pas la plus sage des facs…
Lille 3 est toujours bloquée
Et des manifestations anti blocage un peu partout qui s’organisent , à perpignan par exemple.
Comme vous pouvez le voir, le mouvement est déjà freiné dans son ampleur par des réactions antiblocage fortes et assumées.
La semaine s’annonce difficile, tenez bon et montrez vous !
Retour des blocages, retour de StopBlocage...
Vous avez été nombreux à nous contacter par mail depuis le début de la "grogne" étudiante, tels que sont qualifiées les grèves étudiantes en cours dans les médias, c'est pourquoi StopBlocage, en veille depuis juin 2006, reprend du service en revendiquant encore et toujours son apolitisme et sa non-affiliation syndicale.
La situation est sensiblement différente que celle du CPE, même si elle se traduit par les mêmes débordements et les mêmes privation de libertés par certains étudiants.
Il apparait cependant que l'UNEF, syndicat étudiant leader du mouvement anti-CPE se trouve dans une position délicate, puisque ses dirigeants, impliqués dans le processus d'élaboration de la LAU, se trouvent petit à petit débordés par la base qui elle, attend le mot d'ordre pour aller manifester avec les autres...
Ce qui nous donne plus de chance de se faire entendre qu’en 2006, c’est que la période du CPE est encore fraiche dans les mémoires et déjà, aux premiers jours de la grève, la question de la validité des AG et de l’opportunité des blocages se pose à tous. Cela inspire même crainte aux organisateurs d’AG qui n’ont qu’une crainte : que le débat sur les blocages occulte le débat sur la LAU.
Bien entendu, comme ce fut le cas concernant le CPE, StopBlocage ne donnera aucun avis sur l’opportunité de la loi, mais se concentrera sur le probleme des blocages d’universités.
Il ya 2 ans, nous avons réussi à mettre des bâtons dans les roues d’un système antidémocratique que sont les blocages et les AG. Aujourd’hui nous ne sommes plus considérés comme mineurs dans le débat.
Alors dans toutes les universités montez des collectifs contre les blocages ! montez des actions de déblocages ! et n’oubliez pas l’ultime leçon qui nous a valu et nous vaut toujours un crédit certain dans l’opinion publique :
NON POLITISE, NON SYNDIQUE, JUSTE CONTRE LES BLOCAGES !
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